France de Griessen

Les Essentiels de France de Griessen pour Stereographics / Photographie par France de Griessen

 

 

LES ESSENTIELS DE FRANCE DE GRIESSEN
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UNE CONSTELLATION DE TRÉSORS CHERS A MON COEUR
Texte et photographie de France de Griessen

FENDER MALIBU
Je suis très grande et j’aime les petites guitares
. J’ai acheté cette Fender Malibu vintage à New York. Je l’ai vue, essayée et aimée. Parfois, les choses sont aussi simples que cela. Au fil des années, ma connexion avec ma Malibu adorée est devenue de plus en plus forte à travers le nombre et la superposition d’expériences, d’émotions, de technique, d’aventures, de tournées, d’enregistrement en studio… ce qui a donné à cette connexion une densité très profonde et riche de sens, permettant à l’instrument de devenir une extension de mon corps et de mon esprit.
Ces guitares ont été fabriquées aux USA entre 1965 et 1971. Des modèles de guitare Fender Malibu sont toujours produites aujourd’hui ; elles sont cependant différentes à bien des égards. Quand je l’ai eu entre les mains, ma Fender Malibu n’était pas en très bon état, aussi elle a passé du temps entre les mains d’un luthier pour recevoir les soins et l’attention qu’elle méritait. Redonner vie à un instrument et l’entendre chanter à nouveau, c’est une expérience profondément émouvante. Je remercie tout spécialement Ben’s Guitar Repair Shop à Bruxelles !
J’utilise les sangles de guitare vegan Couch. Elles sont fabriquées en Californie, en utilisant principalement des matériaux de récupération comme du deadstock de revêtement de sièges de voiture, des sangles de ceinture de sécurité recyclées, du vinyle recyclé provenant de diverses sources industrielles et automobiles… cette entreprise est 100 % vegan et propose une gamme incroyable de sangles, exempte de cruauté envers les animaux. Ils en ont même une avec un imprimé pigeon que j’adorerais avoir car j’adore les pigeons. Certaines personnes les considèrent comme des nuisibles, ce qui est totalement inexact. Ce sont des animaux domestiques abandonnés qui ont sauvé des vies en portant des messages pendant les guerres, ils sont très amicaux, sensibles et doux ; nous devrions être reconnaissants de partager les villes avec les oiseaux et prendre soin d’eux. Lorsque les gens commencent à réaliser que les pigeons sont des créatures merveilleuses qui essaient simplement de vivre dans un environnement qui leur est hostile à cause des humains, très souvent, ils commencent à remettre en question beaucoup d’autres choses qu’on leur a dites et qu’ils ont répétées sans même se demander : “Est-ce vrai ?” L’un des rôles de l’art est de remettre en question les hypothèses, d’encourager le questionnement ; un pigeon sur une sangle est donc un symbole puissant.

BIJOUX VINTAGE
Une sélection de ma collection de bijoux fantaisie vintage. Ces magnifiques pièces tirent leur valeur du design, du savoir-faire, du symbolisme et du pouvoir évocateur plutôt que de matériaux précieux. Ils étaient portés par les actrices dans les films de l’âge d’or d’Hollywood, par les femmes élégantes lors de cocktails puis, entre les mains d’artistes surréalistes, ils sont devenus des œuvres d’art. Regardez les designs oniriques de Schiaparelli ! Elsa a collaboré avec Salvador Dalí et Jean Cocteau dans les années 1930’, et aujourd’hui la marque continue de flouter la frontière entre mode et art.
J’aime porter des pièces de ma propre collection, ou des bijoux que l’on me prête, avec une veste de foot italienne colorée des années 80, un kimono, une cape, une blouse romantique, ou… n’importe quoi, tout est possible ! Les bijoux fantaisie sont une merveilleuse expression de style et de créativité et il n’y a aucune raison de ne pas les porter quand on en a envie, de jour comme de nuit. Mon amie Virginie Sebbagh a une incroyable boutique de bijoux vintage aux Puces de Saint-Ouen, dans le Marché Vernaison. Je suggère une visite à tous ceux qui ont besoin d’une dose de glamour et d’excentricité flamboyante et princière ! Le strass est merveilleux sur toutes et tous, et “more is more” quand il s’agit de bijoux fantaisie. Il y a environ un an et demi, j’ai fait une reprise de All the Best de John Prine avec Pacôme Genty, duo qui est ensuite devenu un court métrage musical. Des bijoux fantaisie vintage ont été utilisés dans le film comme langage symbolique qui crée des narrations multiples. On peut créer des poèmes visuels avec les bijoux.

SHRUTI BOX
La shruti box est un instrument indien dont le son rappelle celui d’un harmonium. Il permet de créer des arrière-plans enchanteurs et obsédants. Je souhaite partager une citation d’un brillant article du chroniqueur culturel, historien de la musique, producteur de disques et pianiste de jazz Ted Gioia (The Honest Broker / @tedgioia) Drone Attacks: The New Sound of Contemporary Music : “L’histoire du rituel —qui est la la forme originelle de la performance live, je dois le souligner— documente une longue tradition de basses fréquences dont les pulsations sont associées à la transe et aux états extatiques. Ce genre de musique nécessite toutefois d’être joué pendant près de dix minutes avant d’exercer pleinement son effet sur le corps.(…) Si le temps ne me faisait pas défaut, je pourrais fournir un rapport sur l’histoire fascinante de ces puissants sons graves, qui opèrent à un point liminal où la musique devient une sorte de texture auditive continue, qui immerge l’auditeur dans un espace sonore global…”
J’ai reçu ma Shruti Box en cadeau. J’ai été très émue lorsqu’on m’a offert ce merveilleux instrument car il résonnait profondément avec qui je suis et il est devenu une partie très importante de mon expression musicale. Ce cadeau transcende les circonstances personnelles car il incarne une partie de ma créativité, laissant une marque durable qui conserve sa valeur quels que soient les changements de la vie. J’espère, tout au long de ma vie, avoir réussi à offrir de tels cadeaux.

ROUGE À LÈVRES ROUGE VIF
Le rouge à lèvres rouge vif est un élément incontournable de mon style personnel.
Je ne me maquille généralement pas beaucoup, mais le rouge à lèvres rouge vif est une affirmation. Même les jours où ma peau est loin d’être parfaite, un rouge à lèvres rouge vif fonctionne toujours. La nuance de rouge que je préfère est le « Scarlet Red ». Certaines marques de maquillage commercialisent cette teinte sous les noms de « Poppy Red », « Royal Red » ou bien d’autres encore. Ce qui compte vraiment, c’est la couleur ! Le sort de tous les êtres sensibles m’importe, et étant vegan, je ne veux ni participer à, ni tolérer, ni promouvoir la cruauté envers les animaux. Je choisis donc des rouges à lèvres vegan, de marques qui ne sont pas vendues en Chine, où les tests sur les animaux sont obligatoires. En ce moment, mes préférés sont ceux de deux marques françaises : Charlotte Bio et Pomponne.
Même si, hormis le rouge à lèvres, mon maquillage est très léger la plupart du temps, j’adore les livres sur le sujet, en particulier les livres de précédentes décennies. J’apprécie particulièrement les descriptions de Way Bandy sur la manière de créer des couleurs précises, à la manière d’un artiste utilisant sa palette. Il est l’auteur d’un livre dont le titre est  “Styling your face : An illustrated guide to fifteen cosmetic face designs for women and men”. Il a débuté sa carrière dans la seconde moitié des années 60 et est devenu très célèbre dans les années 70 et 80 en créant des maquillages qui ont un côté poupée, une élégance romantique, raffinée, sensuelle, puissante, glamour et qui a résisté à l’épreuve du temps.
Le rouge à lèvres rouge vif me rappelle aussi toujours les héroïnes de David Lynch, l’un de mes réalisteurs préférés. « Lynch est parvenu à ses visions par le hasard, les états de rêve et l’intuition. Les rencontres fortuites faisaient souvent partie de son travail. » (Ismail Muhammad, The lives they lived , The New York Times). Pour moi, le rouge à lèvres est bien plus qu’une simple manière de mettre en valeur son visage : tout ce que l’on aime nous amène à penser à d’autres choses que l’on aime. C’est pourquoi une teinte très spécifique qui résonne profondément en nous est si puissante.

COURONNES 
J’adore les belles couronnes
. Couronnes de fleurs, couronnes-bijoux anciennes, couronnes de feuilles, parures de tête… J’en ai toute une collection, que je porte sur scène comme au quotidien, car chaque jour peut être spécial si on le souhaite. Pour moi, elles symbolisent la magie qu’on peut apporter dans son existence, et aux moments qui nous importent. J’ai un tatouage sur l’avant-bras droit qui dit « King Captain ». Cela signifie que lorsqu’on est artiste, on est un capitaine qui navigue en mer, qu’on explore et qu’on manœuvre, tout en veillant à sa sécurité, même lorsque la mer est déchaînée, et on est le roi du monde que l’on a créé. Je pourrais aussi dire « reine », bien sûr. Mais j’ai choisi « roi » précisément parce que je suis une femme et que c’est ma façon d’exprimer que ce qui importe, c’est la personne que l’on est, et non son genre. Faites-vous preuve de gentillesse ? De compassion ? De respect ? C’est cela qui devrait avoir de l’importance. Rien de grand n’est accompli par des personnes au cœur rempli de haine.
Enfin, je pense qu’il est extrêmement important d’apprendre à se couronner soi-même. Cela n’a absolument rien à voir avec la vanité, l’arrogance ou l’égocentrisme. Il s’agit d’être assertive/f, de célébrer et de cultiver sa singularité sans attendre ni avoir besoin d’une validation ou d’une permission extérieure pour le faire. C’est beaucoup de travail, mais cela en vaut la peine.

LIVRES
Flocon le petit mouton texte de Gilbert Delahaye, illustrations de Simonne Baudoin. J’adore les livres pour enfants, surtout des années 40 aux années 80, car la plupart d’entre eux sont dessinés ou peints à la main, ils ne sont ni ironiques ni cyniques, ils sont poétiques, plein de compassion et d’imagination, et la nature est une présence constante. Tout cela me réconforte beaucoup. Certaines histoires comportent également des éléments mystérieux et sombres, comme les contes de fées. Ce qui me fait peur, c’est un monde sans art, centré uniquement sur les entreprises, les marques et le profit. Les livres de ma collection créent un monde dans lequel je peux vivre.
Sœurs, Saintes et Sibylles de Nan Goldin. L’artiste dédie ce livre de photographies à “toutes nos sœurs qui se sont suicidées ou ont été internées pour leur rébellion.” Il a changé ma vie. Nan Goldin a traversé de nombreuses périodes difficiles mais a néanmoins produit une œuvre extraordinaire. C’est très encourageant pour les gens qui ne se reconnaissent pas dans les cadres existants et je suis emplie de gratitude quand je regarde son travail. Je vois une telle beauté dans ses photographies. Je sais que certaines personnes pourraient décrire certaines photos comme « horribles », telle que celle de son bras couvert de brûlures de cigarettes et de plaies ouvertes. Pour moi, c’est une photo qui dit “ voici l’état terrible dans lequel j’étais et pourtant, j’ai pris cette photo, j’en ai fait de l’art, qui a du sens.”
L’art est la lumière qui ne détruit pas l’obscurité mais la domine.

 

France de Griessen
Juin 2026


Plus d’informations à propos de France de Griessen
francedegriessen.com
francedg.bandcamp.com
prohibitedrecords.com/fr/artists/france-de-griessen
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Mes Essentiels pour Stereographics par France de Griessen
© France de Griessen / Tous droits réservés / Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur

 

 

MY ESSENTIALS BY FRANCE DE GRIESSEN 

Introduction by Cannonball Statman
“When I first heard France de Griessen’s music, I was on tour with my band in Hasselt, Belgium. We had just put our laundry up to dry on the front patio of the home of a fan who was kindly hosting us while we were in town. This patio was a small space and the clothesline was set unusually low, so our clothes kept hitting us in the face while we were walking around, and we realized we had to sit down to avoid being hit by our clothes.
So while we were sitting on the patio, drinking soda and waiting for our clothes to dry, we decided to listen to France de Griessen’s music; we’d just met her at a concert in Paris earlier in the tour, and we had no idea what her music would sound like, but we had a feeling it’d be really good. And, it turns out we were right! When her music came on the sound system, it made me so happy that I forgot I was holding a glass of soda. So the next thing I knew, I’d dropped my glass and spilled my soda all over the table!
Later on, after seeing France perform live on stage and getting to know more about her creative process through working with her on studio albums and other artistic projects, that experience makes more sense to me. Because France is one of those rare artists whose work immediately transports her audience to another plane of existence; somewhere that is at once completely otherworldly and, at the same time, profoundly intertwined with this world we live in.She sometimes says that when she performs her music, she enters a state she calls hyper-presence: a state of being fully there in the physical, mental, and emotional space that she’s creating in the room with us from moment to moment. But I’d say she’s also fully there in the spaces she’s creating with us far beyond this realm. We’re all there, too, just as we’re all in the room with her. So while all this is happening, it can be easy to suddenly forget you’re supposed to be holding a glass of soda; but even if you end up spilling it all over the table of a kind stranger whose table would’ve preferred not to be drenched in soda that day, you might also find something incredible you’d never thought you’d find.”

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A CONSTELLATION OF BELOVED TREASURES
Words & photography by France de Griessen

FENDER MALIBU
I am very tall and I love small guitars. I got this vintage Fender Malibu in NYC. I saw it, tried it and loved it. Sometimes things are as simple as that. Over the years my connection to my cherished Malibu became stronger and stronger through layers of experiences, emotions, technique, adventures, touring, recording music…which gave this connection a density that is very deep and meaningful, allowing the instrument to become an extension of my body and mind.
Those guitars were manufactured in the USA, from 1965 to 1971. New Fender Malibu guitars are manufactured today; they are, however, different in many ways.
When I got it, my Fender Malibu was not in great condition, so it spent time in a luthier’s hands, receiving the care and attention it deserved. Bringing an instrument back to life and hearing it sing again; what a deeply moving experience. Special thanks to Ben’s Guitar Repair Shop in Brussels!
I use vegan Couch guitar straps, which are made in California using mostly reclaimed materials, like deadstock car upholstery, recycled automotive seat belt webbing, upcycled vinyl from various industrial and automotive sources…this company is 100% vegan and cruelty-free, and they have an amazing range of straps to choose from. They even have one with a pigeon print that I don’t own yet but would love to, as I adore pigeons. Some people see them as pests, which is totally inaccurate. They are abandoned domestic animals who saved lives by carrying messages during wars, they are super friendly, sensitive and sweet; we should be grateful for sharing cities with birds and take care of them. When people start realizing pigeons are wonderful creatures who are simply trying to live in an environment that is hostile to them because of humans, very often, they start to question many other things that they have been told and have repeated without even asking themselves: “Is this true?”
One of the roles of art is to challenge assumptions, to encourage questioning; so a pigeon on a strap is a powerful symbol.

VINTAGE COSTUME JEWELRY
A selection from my collection of vintage costume jewelry. These magnificent pieces derive their value from design, craftsmanship, symbolism, and evocative power rather than precious materials. They graced old Hollywood films, adorned cocktail parties, and, in the hands of Surrealist artists, became works of art; have a look at Schiaparelli’s oneiric designs! Elsa collaborated with Salvador Dalí and Jean Cocteau in the 1930’s, and today the brand continues to blur the line between fashion and art.
I love to wear pieces from my collection, or borrowed ones, with something like a colorful Italian track jacket from the 80’s, a kimono, a cape, a romantic blouse, or…anything, really! Costume jewelry is a wonderful expression of style and creativity, and there is no reason not to wear it whenever one feels like it, day or night. My friend Virginie Sebbagh runs an incredible vintage costume jewelry shop at the Saint-Ouen Flea Market, in the Marché Vernaison. I suggest a visit to anyone who needs a dose of glamour, and flamboyant and princess-like eccentricity. Also, I think everyone looks great wearing strass, and that “more is more” when it comes to costume jewelry. About a year and a half ago I did a cover of John Prine’s All the Best with Pacôme Genty, which then became a musical short film. Vintage costume jewelry was used in the film as a symbolic language to tell stories. You can create visual poems with jewelry.  
SHRUTI BOX
A shruti box is an Indian instrument which produces a sound that is reminiscent of a harmonium. It provides sustained drones, creating enchanting and haunting backgrounds. I want to share a quote from a brilliant article by cultural critic, music historian, record producer, and jazz pianist Ted Gioia (The Honest Broker / @tedgioia) Drone Attacks: The New Sound of Contemporary Music: “The history of ritual—which is the original live performance, I should point out—documents a long tradition of throbbing low frequencies associated with trance and ecstatic states. But this kind of music really needs to be played for close to ten minutes before it exerts its full effect on the body.(…) If I had time, I could provide a fascinating survey of the entire history of these powerful low sounds, which operate at a liminal point where music becomes a kind of encompassing aural texture to the soundscape…”
I received my shruti box as a gift. I was very moved when I was presented with this wonderful instrument as it deeply resonated with who I am and became a very important part of my musical expression. This gift transcends personal circumstances because it embodies a part of my creativity, leaving a lasting mark that retains its value regardless of life’s changes. I hope I have given people gifts in that way throughout my life.

BRIGHT RED LIPSTICK
Bright red lipstick is an essential part of my personal style. I usually don’t wear a lot of makeup, but bright red lipstick is my statement. Even if it’s a day when I have very imperfect skin, a bright red lip always works for me. The color I love the most is Scarlet Red. Some makeup brands will sell this shade as “Poppy Red”, “Royal Red” or many other names. What really matters is the color! Other sentient beings matter to me, and being vegan, I do not want to participate in, condone or promote cruelty towards animals; so I carefully chose vegan lipsticks, by brands who are not sold in mainland China, where animal testing is mandatory. Right now, my favorites are by two French brands: Charlotte Bio and Pomponne.
Even though my makeup is quite minimal, I adore books on the subject, especially vintage ones. I love Way Bandy’s descriptions on how to create precise colors, like an artist using a palette. He’s the author of a book called Styling your face: An illustrated guide to fifteen cosmetic face designs for women and men. He started his career in the second half of the 60’s and went on to become very famous in the 70’s and 80’s. He created a romantic, refined, sensual, powerful, glamourous and doll-like elegance that stood the test of time.
Red lipstick also always reminds me of David Lynch’s heroines. He is one of my favorite filmmakers. “Lynch arrived at his visions through serendipity, dream states and intuition. Chance encounters often found their way into his work.” (Ismail Muhammad The lives they lived, The New York Times). Red lipstick, to me, is much more than a form of adornment: anything that you love leads you to think about other things you love. This is why a very specific shade that deeply resonates with you is so powerful.

CROWNS & WREATHS
I adore beautiful crowns. Flower crowns, vintage costume jewelry crowns, wreaths, headdresses…I have quite a collection, which I wear onstage and in everyday life, because every day can be special if you want it to be. To me they are the symbol of bringing magic into one’s life and into events. I have a tattoo on my right forearm that says “King Captain” whose meaning is that when you are an artist, you are a captain sailing the sea, exploring and navigating, and keeping yourself safe, even when the sea is raging, and you are the king of the world you created. I could also say queen, of course. But I picked king specifically because I am a woman and that is my way to express that what’s important is the person you are, not one’s gender. Are you kind? Compassionate? Respectful? That’s what should matter. Nothing great is accomplished by people with a heart full of hate.
Also, I think it’s extremely important to learn to crown oneself. It has absolutely nothing to do with being conceited, arrogant or egotistical. It’s about being assertive, about celebrating and cultivating one’s uniqueness without waiting for or needing external validation or permission to do so. It’s a lot of work, and it’s worth it.

BOOKS
Flocon le petit mouton (Flocon the little lamb) text by Gilbert Delahaye, illustrations by Simonne Baudoin.
I adore children’s books, especially from the 40’s to the 80’s, because most of them are hand-drawn or painted, they are not ironic nor cynical, they are poetic, compassionate and imaginative, and nature is a constant presence. All this is very comforting to me. Some stories also have elements of darkness and mystery, like fairy tales. What scares me is a world without art, focused solely on businesses, brands and profit. The books from my collection create a world I can inhabit.
Nan Goldin’s Sisters, Saints and Sibyls. The artist dedicates this photo book to “all our sisters who have committed suicide or been institutionalized for their rebellion.” This book changed my life. Nan Goldin has faced many difficult times but has nonetheless produced an extraordinary body of work. This is very encouraging for people who do not fit in and I am so grateful when I look at it. I see such beauty in her photographs. I know some people could describe some of them as gruesome, like the one of her arm covered in cigarette burns and open wounds. To me it is a photo that says “this is the terrible state I was in and yet, I took this photo, I created meaningful art.” Art is the light that does not destroy the darkness but overpowers it.

France de Griessen
June 2026


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My Essentials for Stereographics by France de Griessen
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Xavier Hup

My essentials for Stereographics © Xavier Hup

LES ESSENTIELS DE XAVIER HUP

Le X : première lettre de mon prénom, je l’utilise également pour mon sobriquet lorsque j’officie derrière les platines vinyles (forcément) pour ambiancer les soirées. Etant un piètre danseur, je préfère faire danser les gens à l’instar du cuisinier qui prend du plaisir à concocter des plats pour les autres. Et si le cuisinier à son tablier, en tant que dj je prends soin de bien choisir mon tee-shirt (ici celui des Petsh’ sic) ou ma chemise, à fleurs de préférence. Je prends autant plaisir à être derrière les platines que derrière les fourneaux, et la gastronomie italienne (affiche des bons produits italiens) me fait le même effet que l’intro d’un morceau qui vient vous retourner le dance-floor : une délectation !
Cette lettre est également celle du groupe de super-héros le plus célèbre de l’univers Marvel, les X-Men dont Serval est mon personnage préféré. Et je dis bien Serval et non Wolverine, car gamin c’est bien sous cette appellation qu’il apparaissait dans les comics que j’achetais le dimanche à la sortie de la messe (éducation catholique de campagne oblige). Si on poursuit dans le 9ème art, on retrouve une dédicace réalisée par Julien Loïs, graphiste attitré du label Chinese Man Records.

Un ballon de basket, tout simplement pour représenter le sport que je pratique.

Le poste de radio : sans aucun doute c’est par ce média que tout a commencé. Il m’a permis de me forger une culture. Encore maintenant, j’aime à découvrir les radios locales pendant les vacances. Tout à commencer avec RTL et ces animateurs (Francis Zégut, Max Meynier,…) puis France Inter et Bernard Lenoir. Qui dit Lenoir, dit Les Inrockuptibles et sa période bénie de mensuel dans lesquels beaucoup ce sont forgés leurs références cinématographiques, musicales et littéraires citées autant par les artistes interviewés que par ces journalistes. 

Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais certains artistes représentés ici (plus ou moins cachés) sont vraiment les fondements de mes goûts musicaux et pour certains d’entre eux correspondent aussi à une histoire d’amitié qui ne s’est jamais arrêtée. Pêle-mêle on retrouve outre les Pet Shop BoysNew OrderDominique A (dont le disque est posé sur la platine de droite), PJ HarveyThe Smiths, la BO de Twin Peaks (et donc David Lynch) ou dj Shadow.

En parlant d’amitié, il y a celle plus récente avec la bande du Mange Disque (allez jeter un oeil dans la rubrique “rencontres” de ce site) dont l’un d’entre eux, professeur en art graphique, réalise avec ces élèves des gigs posters (ici celui de Jean-Louis Murat). Les relations humaines n’est-ce pas là l’essentiel d’une vie ?

Pour finir on aperçoit Rachid Taha qui nous observe, et qui manque au paysage musical. Et comme le dit mon ultime essentiel, ma chérie qui partage mon quotidien et responsable de la mise en scène de la photo : “Rachid Taha ça s’écoute fort ou ça ne s’écoute pas !”

Xavier Hup
Avril 2022

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Stéphane Constant

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LES ESSENTIELS DE STÉPHANE CONSTANT

L’essentiel est invisible pour les yeux ? Parfois si ! J’aimerai me souvenir de ma première lecture de 1984 de Georges Orwell, des épisodes de la 4e dimension rediffusés dans l’émission Temps X (justement en 1984 quand j’avais 11 ans), des Jules Verne ou L’histoire sans fin que je lisais fiévreusement au fond de mon lit. Ce sont toutes les petites choses qui m’ont ébloui, m’ont construit maintenant que je suis debout bien droit, juste un peu plus vieux, c’est tout. Je ne sais pas si vous êtes comme moi : à force d’empiler, il y a dans ma maison, un bazar de choses que je ne regarde même plus, car je sais qu’elle sont là bien rangées, précieuses.

Peter Gabriel avait dit dans une interview des Inrockuptibles (je n’ai pas retrouvé l’exemplaire) : “j’achète des livres que je ne lirai jamais, des disques que je n’écouterai probablement jamais… des films que je ne verrai pas… et dans tout ça je cherche ma voie.” Alors ici, je ne parlerais que des choses dont j’ai tourné cent fois les pages, que j’ai vues et revues ou écoutés mille fois, promis !

Ça ne va pas vous étonner, j’ai une affection particulière pour le papier, l’encre, les carnets, les stylos-plume (le mien est un Kaweco que j’adore), les histoires, alors forcement les livres je les aime, jusqu’à dénicher l’édition originale de mes préférés. Par exemple, mon exemplaire de 1984 chez NRF Gallimard date de 1950, il s’agit de la première édition française. Je ne sais pas si ce livre m’a donné un goût immodéré pour la SF, mais il en est la première pierre. Il est devenu une obsession, dès les premières lignes, il est impossible de s’arrêter : “Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis…”, ça y est vous êtes aspiré par le chef-d’œuvre absolu d’Orwell. Ce roman est une clé qui vous ouvre une compréhension sur la manipulation, le totalitarisme bien sûr… mais surtout, dans ce monde sale, décrépi, Winston Smith (le personnage principal) tente de conserver les objets, les livres, trésors d’un glorieux passé. Les clés des films Fahrenheit 451, Brazil, Bladerunner, etc.

Adolescent, mes parents me reprochaient le temps que je passais à jouer aux jeux vidéo sur Atari, mon penchant bizarre pour le mysticisme (ils croyaient même que je faisais parti d’une secte !) l’égyptologie et plein de trucs bien barrés que je lisais (du Schwaller de Lubicz pour les connaisseurs). Je dessinais même des signes “cabalistiques” (peut-être précurseurs de mon goût pour le graphisme). Forcément Dune de Franck Herbert fut une révélation, il y a avait tout ça la dedans ! La découverte de cette fresque monumentale fut tellement puissante, que je n’ai jamais osé la relire depuis. Je conserve précieusement mes éditions originales avec les célèbres couvertures argentées de la collection “Ailleurs et demain”.

Ça n’a pas été facile de choisir quelques livres, mais dans mon petit panthéon, je placerai L’exil et le royaume d’Albert Camus, ici dans sa version reliée rouge et numérotée 12043 de 1957. Un recueil de nouvelles fascinantes et surréalistes comme La pierre qui pousse ou cette histoire d’un artiste à la recherche de la perfection. Il finira, à bout de force, par peindre une toile blanche ! “[..] au centre de laquelle, Jonas avait seulement écrit, en très petits caractères, un mot qu’on pouvait à déchiffrer, mais dont on ne savait s’il fallait y lire solitaire ou solidaire.” Ce livre est un soleil.

Celui-ci est plutôt une plongée dans le dégoût, je veux parler de Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq. Dans cette première édition, j’y ai même conservé la lettre datée de 1996 que l’écrivain m’avait gentiment adressé (bon c’était avant qu’il soit connu). J’étais un jeune poète à l’époque et étudiant en informatique, je m’ennuyais ferme, alors autant vous dire que ce livre était fait pour moi ! A propos de poésie, j’en ai beaucoup écrit, sur la photo (à gauche dans sa pochette de kraft blanc) il y a le recueil que j’ai terminé en 1995 : L’ange de plomb, arrivé en 2e comité de lecture chez Seuil, mais jamais publié.

René Char, c’était indispensable qu’il figure ici, mon maître absolu ! Il est indissociable des artistes Braque, Matisse, Nicolas de Staël, etc. Poète de l’intimité, de la terre, de la résistance, il n’a cessé toute sa vie de créer des livres d’artiste où la peinture, la gravure et le texte se répondent.

Paul Auster – avec sa trilogie Cité de verre – est mon auteur préféré , son sens de la narration, de l’errance, du surréalisme et de la poésie est unique. C’est aussi avec la complicité de Art Spiegelmann, une entrée dans le roman graphique noir et blanc avec cette adaptation du livre. Les illustrations de David Mazzuchelli y sont géniales, riches en trouvailles scénographiques, en métaphores visuelles. Bref j’aime que les romans soient bizarres, étranges, décalés. Dans ce registre non-conventionnel, je placerai au sommet La Maison des feuilles, le roman que Mark Z. Danielewski a mis 4 ans à écrire : l’histoire d’une maison plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur !

Bladerunner de Ridley Scott est le film que j’ai vu le plus de fois dans ma vie, parce qu’il réunit à la fois la science-fiction, la poésie, une esthétique fascinante et sombre. L’intrigue linéaire presque conçue comme un jeu-vidéo donne l’impression que chaque plan est un tableau, une création visuelle d’une rare perfection malgré son âge. Mieux que Star Wars ! On voit sur la photo, le coffret définitif sous le contrôle du maître : 7 années de méticuleuse restauration ! On y retrouve les 4 versions du film. Ah, le mystère des petites licornes en papier !

Coté filmographie, j’ai trois réalisateurs qui me viennent aussitôt en tête : Krzysztof Kieslowski d’abord avec la trilogie Trois couleurs : bleu-blanc-rouge et aussi la Double vie de Véronique, Le Décalogue. La force émotionnelle de ses films, leur esthétique, est servie par la musique bouleversante de Zbigniew Preisner. Après il y a David Lynch dont un film en particulier : Lost Highway. Complètement déjanté avec une maîtrise totale, le film est comme une poupée russe qui s’emboîte sur elle-même, ou une bande son qu’on rembobine, un chef-d’œuvre ! Le dernier réalisateur auquel je vous une véritable adoration, c’est Wong Kar-Wai et surtout Les anges déchus, c’est violent et drôle à la fois. Ici encore, l’esthétisme photographique, les mouvements de caméra, transforment le cinéma en œuvre visuelle intense.

The New Real Book est un gros recueil de standards de jazz très pratique avec sa notation de ligne mélodique et des accords. Une bible pour tous les pianiste jazz (j’ai commencé à 9 ans) dans lequel il y a plein de morceaux que j’adore jouer et improviser : Monk’s mood de Thelenious Monk, Re: Person I knew de Bill Evans, etc. C’est bien plus tard que je me suis mis à la guitare puis aux percussions.

Le premier choc musical ? C’est Pink Floyd, pourtant à 14 ans, je n’aimais pas le son de Dark side of the moon, je préférais écouter Momentary lapse of reason, mon premier CD (en 1987) avec ce son incroyable à l’époque (DDD!). Maintenant c’est le contraire ! Sur la photo, je vous présente un coffret pirate tout noir enregistré au Playhouse Theatre de Londres en 1970 Libest spacement monitor avec des titres comme Embryo, Green is the color, etc. Petite particularité de ce coffret, il y a un énorme cochon en carton qui se déplie quand on l’ouvre ! Depuis j’ai conservé un penchant pour la musique psychédélique : Grateful Dead, Jefferson Airplane, etc.

Gainsbourg, j’en ai beaucoup parlé récemment, l’Histoire de Melody Nelson et un disque que je peux écouter cent fois sans jamais me lasser : la ligne de basse, les envolées de cordes sont splendides, un coup de maître ! Ici j’ai oublié de mettre un disque des Doors ou de Patti Smith, mais je me rattrape avec Harvest de Neil Young dans une version vinyle française de 1972, les chansons y sont incroyables, poignantes. Il était une fois en Amérique, un homme, une voix, une guitare et un harmonica,
Si vous avez remarqué le petit vinyle, pochette blanche (en haut à droite sur la photo), il s’agit d’un 45 tours dédicacé de Drugstore, le groupe anglais créé par Isabel Monteiro. Je possède toute leur discographie depuis Gravity : inutile de vous dire que j’adore leur musique.
Vous avez vu la banane d’Andy Warhol ? Bien oui elle est là sur le coffret avec son sticker repositionnable. Dedans on trouve tous les albums du Velvet Underground et des maquettes pas toujours écoutables. J’avais même un portrait de Nico dans ma chambre d’étudiant, une femme fatale !

Man Ray, artiste de la lumière, a tout inventé ou presque ! Le coffret This is Man Ray est particulièrement émouvant, car en plus de contenir un petit livre reproduisant le texte de ses conférences en 1956 et 1966, il renferme un documentaire avec Juliet Man Ray sur l’atelier du photographe, un lieu encore hanté par la présence du maître et laissé intact avant sa destruction en 2008. “La porte du 2 bis rue Férou s’ouvrait sur un petit couloir ; au fond il y avait une seconde porte sur laquelle un écriteau punaisé avertissait : danger haute tension.”
Je n’ai pas pu me résoudre à me séparer de mon labo photo complet et installé à l’étage de ma maison, avec son agrandisseur Foca Autoplex (un chef d’œuvre de mécanique des années 50) un peu laissé à l’abandon. De mes années de pratique photographique et argentique, il me reste des photos de concert et la collection intégrale Time Life La Photographie en 20 volumes. Il y a aussi mon bon vieil appareil photo Nikon FA de 1973 (l’année de ma naissance !).

Après l’écriture de mon article L’histoire secrète de la sérigraphie, j’ai acheté un exemplaire de L’écran de soie écrit par Igor Pruzan : le premier manuel consacré à la sérigraphie en français. Il date de 1952 et contient des tirages en 2 couleurs, un véritable morceau d’histoire !

J’ai une fascination particulière pour le graphisme californien (surtout Saul Bass). L’exposition Earthsquakes & Aftershocks (École des beaux-arts de Rennes en 2005) réunissait des affiches créées et imprimées par les étudiants du département de design graphique de CalArts (California Institute of Arts). J’ai gardé le très beau catalogue de 160 pages et aussi le livre de Michel Bouvet East Coast West Coast. Je ne dirais pas que cette exposition a changé ma vie (quoique…), elle m’a juste mis dans la bonne direction en me donnant pour la première fois envie de m’intéresser à la sérigraphie. 10 ans plus tard, je possède avec Dezzig mon propre atelier pour imprimer des affiches en édition limitée.

Il y aussi ma paire de running Mizzuno taille 44 pour aller prendre l’air et la petite chatte qui s’appelle Moon
Ça y est, j’ai dit l’essentiel !


Stéphane Constant
Juillet 2016

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My essentials for Stereographics by Stéphane Constant
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Cédric Rassat

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LES ESSENTIELS DE CÉDRIC RASSAT

Bon, c’est un peu en désordre, mais je pense c’est aussi comme ça que fonctionne ma mémoire : en vrac et par associations d’idées. Bref… J’ai surtout choisi des films et des disques, parce que je n’ai pas le même rapport de familiarité avec les romans. En fait, j’y reviens moins. Or je pense que c’est en revenant vers certaines œuvres qu’on s’en nourrit le mieux. En tout cas, pour moi, c’est comme ça…

Sur cette photo, il y a beaucoup de choses, donc j’y vais au feeling, en partant du haut, à gauche.

  • MOJO : Mojo a longtemps été, pour moi, le magazine de rock de référence. C’était un magazine sérieux, très documenté, bourré d’informations et de récits passionnants. Aujourd’hui, je le lis plus distraitement, mais ça reste un titre qui m’accompagne depuis plus de vingt ans, donc…
  • Paris, Texas de WIM WENDERS : Ce film m’accompagne depuis le lycée. Wenders n’est pas un cinéaste que j’aime particulièrement, mais Paris, Texas est vraiment une œuvre à part. Je crois qu’en plus d’être un chef-d’œuvre, c’est surtout un film qui regarde l’Amérique comme j’ai envie de la regarder, c’est-à-dire avec les yeux d’un Européen fasciné par la splendeur des grands espaces, par la magie captivante des bords de route, des non-lieux, etc. Il y a aussi de ça dans Zabriskie Point d’Antonioni, d’ailleurs… Bref, plus les années passent et plus j’aime ce film.
  • THE STOOGES Fun House : J’ai dû acheter ce disque dans cinq ou six versions différentes. J’en ai gardé trois : le double CD, le vinyle et le coffret des sessions. J’adore Iggy Pop et les Stooges, mais je crois que Fun House est mon album de rock préféré dans l’absolu. C’est un disque que j’écoute depuis le lycée et qui ne vieillit vraiment pas. C’est de la sauvagerie à l’état pur.
  • Lost Highway de DAVID LYNCH : A l’époque, j’étais déjà fan de Blue Velvet et de Twin Peaks, mais Lost Highway avait été un grand choc, notamment pour sa façon de se réapproprier les codes du film noir. On parle souvent de Mulholland Drive mais, pour moi, le film qui a le plus révolutionné le cinéma de Lynch c’est Lost Highway.
  • NEIL YOUNG Harvest: Encore un disque qui m’accompagne depuis le lycée… J’adore Neil Young, mais Harvest est vraiment un album à part. Chaque fois que je l’écoute, j’ai l’impression de revenir à la maison. Et je ne pense pas que ce soit lié au fait que je l’écoute depuis près de trente ans. Je crois que c’est vraiment lié au son du disque, à son identité. Pour moi, c’est un album parfait.
  • Salo ou les 120 journées de Sodome de PIER PAOLO PASOLINI : J’ai dû voir ce film cinq ou six fois et dans des contextes très différents : en VHS, plusieurs fois en salle, en DVD… Dès le départ, il m’a semblé important de le démystifier, de le sortir de sa réputation de film insoutenable, etc. C’est l’une des œuvres les plus politiques que je connaisse, mais c’est surtout un film auquel je fais constamment référence. Pour moi, Salo rend sensible l’idée d’un monde qui a perdu toute forme d’humanité et où tous les personnages, même les bourreaux, sont sans avenir. C’est un film incroyable.
  • THE VELVET UNDERGROUND White Light/White Heat : C’est mon album préféré du Velvet. Le premier est évidemment un monument, mais certaines ballades ont fini par m’agacer. Alors qu’avec White Light/White Heat, pas de souci : on est vraiment au cœur de la démence et du génie visionnaire du Velvet Underground. Et, là encore, comme pour Fun House, le disque ne semble pas vraiment daté. Au contraire, même…
  • Pierrot le fou de JEAN-LUC GODARD : Très honnêtement, je ne sais pas si j’aurais autant aimé le cinéma si je n’étais pas tombé, assez tôt, vers 18-19 ans, sur les films de Godard, et plus spécialement sur celui-ci. C’est de la poésie pure, un film d’une liberté folle, mais aussi un film libérateur, qui donne envie d’écrire, de créer, et qui, surtout, donne le sentiment que tout est possible. Et puis, c’est aussi un film qui, tout en étant absolument intemporel, réussit à parfaitement saisir l’esprit de son époque.
  • Out of the Blue de DENNIS HOPPER : Out of the Blue est le film le plus punk que je connaisse. Dennis Hopper l’a réalisé à 43 ans pour se rapprocher de sa fille et mieux comprendre la musique qu’elle écoutait. Il a puisé une partie de son inspiration dans les meilleures chansons de Rust Never Sleeps de Neil Young & Crazy Horse et il a développé un récit nihiliste au dernier degré.  Toutes les séquences de ce film sont saisissantes. C’est génial.
  • LOVE Forever Changes : Ce disque, c’est quand même un OVNI complet. Surtout si on le replace dans le contexte de l’époque, sur la scène de Los Angeles, encadré par les disques des Doors, des Byrds, etc. Comment un groupe comme Love, par ailleurs très bon, a-t-il pu accoucher d’une œuvre aussi radicalement intemporelle et visionnaire ? Ça reste une énigme. Ce qui me frappe le plus, aujourd’hui, c’est la maturité hallucinante de ce disque. On a l’impression que ces musiciens ont cinquante ans de carrière derrière eux, alors qu’en fait Arthur Lee avait à peine 22 ans (!!!) quand Forever Changes est sorti. C’est stupéfiant, quand on y pense…
  • Heaven’s Gate de MICHAEL CIMINO : La version longue de Heaven’s Gate m’accompagne depuis sa première sortie en salles en 1989. Depuis, j’ai dû le revoir une dizaine de fois, dont trois en salle (en fait, j’y retourne dès que j’en ai l’occasion). Ce qui est fascinant avec ce film c’est qu’en plus d’être une fresque magnifique, il s’agit aussi d’une œuvre profondément ancrée à gauche. Et je pense que si le film a été à ce point rejeté par la critique américaine, à l’époque, ce n’est pas à cause de sa longueur ou de ses supposées faiblesses (il n’en a pas vraiment, de toute façon), mais bien parce qu’il était complètement à contre-courant de l’époque. En gros, Cimino venait de réaliser un film communiste, dans lequel les riches et les patrons font littéralement assassiner les pauvres pour ne pas être, eux-mêmes, touchés par la famine, et il faisait ça au moment même où Reagan et tous les excités du libéralisme étaient en train de prendre pouvoir aux Etats-Unis. Je crois qu’en dehors de l’époque du maccarthysme, le début des années 80 était probablement le pire moment pour sortir un film comme celui-ci. C’est complètement fou, quand on y pense !
  • ELDORADO : Je me suis occupé de ce magazine pendant une grosse vingtaine de mois. J’ai été le rédacteur en chef des sept premiers numéros (il y en a eu deux autres dans l’année qui a suivi mon départ). Ça reste une aventure marquante, forcément… D’abord parce que c’est évidemment passionnant de créer un magazine, comme ça, ex nihilo, mais aussi parce qu’à deux ou trois exceptions près l’équipe était vraiment super : des mecs talentueux, très investis, passionnés de musique… Je me souviens qu’on avait souvent bossé comme des fous, et parfois même comme des zombies, pour essayer de boucler les numéros à peu près dans les temps. On avait un peu tâtonné sur les trois premiers numéros mais, ensuite, à partir du 4, le magazine avait commencé à devenir vraiment intéressant. Quand je suis parti, après le numéro 7, Eldorado était en plein développement : les annonceurs étaient présents, les abonnés étaient ravis… Mais disons qu’il y avait de gros désaccords avec le directeur de publication.
  • NICK DRAKE Five Leaves Left : Comme beaucoup, j’ai découvert Nick Drake à la fin des années 80 avec la compilation Heaven in a Wild Flower. C’est toujours fou de se dire qu’une œuvre aussi majeure ait pu rester ignorée pendant près de vingt ans et devenir aussi incontournable à partir de quelques rééditions. En tout cas, Five Leaves Left est son meilleur album, selon moi.
  • Goodfellas de MARTIN SCORSESE : Je crois qu’on a oublié à quel point Goodfellas était révolutionnaire, à l’époque. Pourtant, ce que Scorsese et Thelma Schoonmaker ont inventé là, ce système narratif en effervescence permanente et basé sur un scénario foisonnant d’infos et de personnages, sur une caméra toujours en mouvement, sur un montage hyper dynamique et une bande-son qui semble ne jamais s’arrêter, c’est vraiment du génie pur ! En tout cas, ce n’est pas un hasard si Scorsese a calqué un bon nombre de ses récits ultérieurs (Casino et The Wolf of Wall Street, notamment) sur ce modèle.
  • ELVIS PRESLEY From Elvis in Memphis : J’adore ce disque. Pour moi, c’est le sommet de la carrière d’Elvis et une synthèse de tout ce que j’aime : la soul, la country, etc. Et puis, ce disque marque aussi l’apogée du studio American de Memphis, celui où ont été enregistrés Dusty in Memphis, les disques des Box Tops et beaucoup d’autres… J’ai interviewé cinq ou six musiciens de ce studio ; tous étaient présents lors de l’enregistrement de ce disque. C’est toujours fascinant de les écouter et de se dire qu’ils ont enregistré avec Elvis et, surtout, qu’ils ont enregistré des trucs aussi extraordinaires que “Suspicious Minds”,“In the Ghetto” ou “Long Black Limousine”.
  • India Song de MARGUERITE DURAS : Je l’ai découvert très tardivement, mais je crois qu’avec Into the Abyss de Werner Herzog, India Song est le film qui m’a le plus impressionné ces quatre ou cinq dernières années. J’avais déjà beaucoup d’admiration pour Duras en tant qu’écrivain, bien entendu, mais je n’imaginais pas que son cinéma pourrait être aussi fort. Elle n’est vraiment pas un écrivain passé au cinéma ; c’est une cinéaste de première envergure ! Bref, depuis, j’ai hâte de découvrir le reste de sa filmographie.
  • THE BEATLES Pepper’s Lonely Hearts Club Band : Il était évidemment impossible de ne pas choisir un disque des Beatles. Pour moi, Sgt. Pepper est le dernier album sur lequel les quatre musiciens fonctionnent encore ensemble et vont dans la même direction. Je trouve que ce disque n’a rien perdu de son charme, sans doute parce qu’il a toujours eu, à la base, quelque chose d’un peu désuet et intemporel. Je trouve qu’il y a, dans ce disque, un enthousiasme et une spontanéité que les Beatles n’ont plus jamais retrouvés, ensuite. Même s’ils ont fait d’autres grands disques, bien entendu…
  • Sunset Boulevard de BILLY WILDER : Déjà, j’adore l’intelligence et la liberté de ton des scénarios de Billy Wilder. Pour moi, il a vraiment été l’un des auteurs les plus modernes de l’âge d’or de Hollywood. Et puis, Sunset Boulevard est un film extraordinaire dans lequel je retrouve à la fois le Hollywood classique et des œuvres plus contemporaines comme celles de David Lynch (qui a énormément puisé dans ce film). Bref, c’est un chef-d’œuvre.
  • BOD DYLAN Highway 61 Revisited : J’aurais pu en choisir un autre (Blood on the Tracks ou John Wesley Harding, notamment), mais celui-ci est quasiment son meilleur, donc… Je ne crois pas être fan de qui que ce soit, mais Dylan est un peu l’exception. En fait, même ses effondrements créatifs me semblent aussi intéressants, donc…
  • Les films français de LUIS BUNUEL : J’ai revu certains de ces films (ceux qu’il a écrits avec Jean-Claude Carrière), récemment, et je me suis régalé. En fait, j’ai réalisé que Le Charme discret de la bourgeoisie était sans doute l’un de mes films préférés, dans l’absolu, et que Buñuel était probablement parmi les cinéastes qui m’ont le plus marqué. En revoyant ces films, j’ai été frappé par leur intelligence, leur audace et leur légèreté. Sur le fond, un film comme Le Charme discret… est complètement subversif, iconoclaste et très politique, mais le ton badin et la légèreté du traitement permettent de tout faire passer avec humour et élégance. C’est malheureux à dire, mais, aujourd’hui, les films de Buñuel seraient certainement refusés partout. Ils ont été remplacés par les constructions enfantines et totalement inoffensives de Quentin Dupieux. C’est d’autant plus regrettable qu’un film comme Réalité, par exemple, ne parle de rien, sinon de l’esprit de son créateur, alors que ceux de Buñuel étaient, au contraire, entièrement axés sur le monde réel, un monde qu’ils ne cessaient de provoquer, de remettre en question, etc. Bref, tout ça pour dire qu’on n’a vraiment pas gagné au change.
  • CAHIERS DU CINEMA : J’ai été abonné pendant une douzaine d’années aux Cahiers. C’est vraiment la revue qui accompagné ma vie de cinéphile. J’ai aussi choisi cette couv’ à cause de Fassbinder, un cinéaste capital, selon moi.
  • Identification d’une femme de MICHELANGELO ANTONIONI : Antonioni est un de mes cinéastes préférés. Des films comme The Passenger, Zabriskie Point ou Le Désert rouge ont été de vrais chocs, à l’époque où je les ai découverts. Mais, avec le recul, je pense qu’Identification d’une femme est celui que je préfère, parce qu’à ce stade Antonioni avait fini par se libérer de toute forme de posture et son langage visuel, fait de temps morts, de silences et de visions parfois étranges et inattendues, avait fini par se fondre très naturellement dans son approche du récit filmé. Pour moi, Identification d’une femme est peut-être son meilleur film (avec L’Avventura), parce que c’est le plus personnel. Enfin, c’est mon avis…
  • DORIS DUKE I’m a Loser : J’ai toujours écouté beaucoup de soul. I’m a Loser est un chef-d’œuvre que j’ai découvert grâce aux commentaires élogieux de Dave Godin. Doris Duke n’a enregistré que trois albums au total, dont deux grands disques avec Swamp Dogg : celui-ci et A Legend in Her Own Time. I’m a Loser est une sorte d’album-concept centré sur une histoire d’adultère et, plus précisément, sur le personnage de la maîtresse, “The Other Woman”. Les arrangements de Swamp Dogg sont absolument hallucinants, l’interprétation de Doris Duke file régulièrement la chair de poule… Ce disque a déjà 45 ans. A un moment, il va bien falloir qu’il trouve son public, car c’est vraiment l’un des plus grands albums de l’histoire de la soul !
  • Dave Godin’s Deep Soul Treasures, vol. 1 : Cette compilation de ballades rares et absolument déchirantes est probablement l’un des meilleurs disques de soul que je connaisse. La sélection de Dave Godin est vraiment parfaite et m’a notamment permis, à l’époque, de découvrir des artistes comme Dori Grayson, les Knight Brothers ou The Incredibles. Les trois autres volumes de cette série, tous dirigés par Dave Godin, sont également indispensables, à mon avis.
  • PAPA M Whatever, Mortal : Voilà un disque complètement intemporel, à mi-chemin entre l’acid folk et une certaine forme de country ancestrale. Il y a aussi des traces de pop et de rock plus contemporains… J’aurais aimé que David Pajo aille un peu plus loin dans cette direction, même s’il aurait forcément été difficile de faire mieux que ce disque.
  • Shoah de CLAUDE LANZMANN : La découverte de ce film (dont je n’avais vu que des bouts), en salle, à l’Institut Lumière, pendant un long week-end, début 2010, reste l’un des grands moments de ma vie au cinéma. C’est évidemment un film d’une importance capitale sur le plan historique, mais c’est aussi une œuvre immense et un choc intellectuel dont on a forcément du mal à se relever.
  • SONGS: OHIA The Magnolia Electric Co : Je me souviens d’un concert incroyable dans un bar de Valence, l’Oasis, au printemps 2005, il me semble… Jason Molina et son groupe étaient là, entassés au fond du bar. Ils avaient livré, ce soir-là, un concert vraiment exceptionnel. Deux ans plus tôt, cet album avait été une vraie révélation pour moi. A l’époque, je suivais déjà Songs: Ohia depuis quelques disques, mais The Magnolia Electric Co avait complètement changé la donne. Le son était devenu très imposant, l’écriture plus fluide et très marquée par l’héritage de Neil Young et du Crazy Horse. Quant à Jason Molina, il était littéralement transfiguré. Je pense que c’est un disque qui restera comme un classique. Son public deviendra plus nombreux avec les années…
  • Coffret JACQUES ROZIER : Bien sûr, Rozier a toujours été en marge du reste de la Nouvelle Vague, mais je pense sincèrement que Adieu Philippine dit plus de choses sur son époque qu’un film comme À bout de souffle (ce qui, bien entendu, n’enlève rien au génie et à la modernité de ce film), par exemple. Je pense que, sur son premier film, au moins, Rozier était le plus mûr et le plus accompli des cinéastes de la Nouvelle Vague. Ensuite, le reste de sa filmographie est à la fois incontournable et complètement hors norme dans le cinéma français.
  • THE BEACH BOYS Pet Sounds sessions : J’aurais pu choisir l’album, puisque c’est un de mes disques préférés… Mais là, comme il fallait choisir des objets particuliers, j’ai opté pour le coffret des sessions, car il a l’avantage d’avoir été dédicacé par Brian Wilson, à l’issue d’une interview que j’avais faite en 1998, chez lui, à Los Angeles, pour le compte du magazine Rock & Folk. C’était mon premier reportage pour eux et disons que ça reste, forcément, un souvenir assez incroyable.
  • Les “Unes” de LIBERATION : Je fais sans doute partie de la dernière génération qui aura eu l’habitude de suivre l’actualité en achetant un quotidien quasiment tous les jours. Et, pour moi, ce quotidien était Libération. Ce livre sur les grandes “unes” de Libé est fascinant, car il rappelle à quel point les grands titres de presse ont su accompagner l’Histoire, la vie et l’évolution de la société. Evidemment, cette culture des “unes” s’est complètement perdue avec le développement des médias en ligne. Mais, disons que, chez Libé plus qu’ailleurs, ces “unes” avaient vraiment de la gueule !
  • Conte d’automne d’ERIC ROHMER : Pour moi, Rohmer est l’un des auteurs les plus importants de la Nouvelle Vague. Mais ce qui me frappe le plus chez lui, c’est que son cinéma est devenu de plus en plus passionnant, au fil du temps. Je pense que ses meilleurs films, en tout cas ceux que je préfère, ont été tournés entre le milieu des années 80 et la fin des années 90. C’est un cinéma subtil, très écrit, mais aussi remarquablement mis-en-scène, ouvert sur le monde et qui donne le sentiment qu’on peut parfaitement tourner de grands films avec très peu de moyens. Dans sa filmographie, j’aime beaucoup Le Rayon vert, L’Ami de mon amie et les contes des quatre saisons. Et, parmi ces derniers, Conte d’automne est peut-être celui que je préfère.
  • Itinéraire d’un ciné-fils de SERGE DANEY : Pour les cinéphiles de ma génération, la diffusion de ces entretiens dans les derniers mois de la vie de Serge Daney a été un événement marquant. Déjà parce que le document était, en lui-même, hypnotisant (Daney parlant seul dans le cadre, pendant plus de trois heures) et très émouvant (puisqu’on le voit déjà très affaibli par la maladie), mais aussi, bien sûr, à cause de leur qualité exceptionnelle. Naturellement, il y aurait beaucoup à dire sur lui, sur son histoire, sur ses combats… Souvent, je repense à ce qu’il écrivait sur l’évolution du cinéma et de la télévision, à l’époque (c’est-à-dire, bien avant le Loft et la télé-réalité), et je pense qu’il aurait été terrifié par ce qu’on peut voir actuellement (Mommy, Les Petits mouchoirs ou les dérapages de Zemmour analysés par Serge Daney, ça aurait valu le détour).
  • Le HITCHCOCK / TRUFFAUT : Ce livre a complètement changé ma vision des films d’Hitchcock et, plus globalement, du cinéma. Je ne suis pas spécialement fan de Truffaut comme cinéaste, mais son héritage critique et son œuvre de “passeur” restent incomparables. Et la filmographie d’Hitchcock est évidemment incontournable pour moi. D’ailleurs, dans cette photo, ce livre prend un peu la place de films comme Vertigo, North by Northwest ou Psycho.
  • KAREN DALTON It’s So Hard to Tell Who’s Going to Love You the Best : Je crois que ce disque est celui que j’ai le plus offert. La personnalité de Karen Dalton est évidemment fascinante à cause de son intransigeance, de son intégrité artistique, mais aussi à cause de cette voix exceptionnelle qui, inévitablement, rappelle celle de Billie Holiday. Cette histoire prendra bientôt une place un peu plus importante dans ma vie, puisque je m’apprête à sortir, en compagnie de la dessinatrice Ana Rousse, un roman graphique en noir et blanc sur la vie de Karen Dalton dans les années 60. Le livre paraîtra début 2017 chez Sarbacane.
  • Muriel ou le temps d’un retour d’ALAIN RESNAIS : J’adore les premiers Resnais. A première vue, on pourrait penser que Muriel est moins expérimental qu’un film comme L’Année dernière à Marienbad, mais je me demande si, au fond, il ne l’est pas tout autant. Bien sûr, il est plus narratif, mais le scénario écrit par Jean Cayrol est plein de trous, de non-dits et d’ellipses, à tel point que le récit et les personnages finissent toujours par vous glisser entre les doigts. Le montage de Resnais est hallucinant, aussi… En fait, c’est un film très vivant et très inventif sur des thèmes complètement angoissants et morbides comme la mélancolie, la dépression… Pour moi, c’est vraiment l’un des plus beaux films du cinéma français.
  • KRIS KRISTOFFERSON Kristofferson: Comment ne pas être fan de ce mec ? Il a écrit des chansons exceptionnelles (“For the Good Times”, “Help Me Make It Through the Night”, “Me and Bobby McGee”, etc), il a joué dans des films comme Heaven’s Gate, Bring Me the Head of Alfredo Garcia, Pat Garrett & Billy the Kid… Bref, sa carrière parle pour lui. Mais ce disque, son premier, est un chef-d’œuvre. Là encore, il s’agit d’un album qui m’accompagne depuis plus de vingt-cinq ans…
  • Seinfeld: Je suis complètement intoxiqué avec cette série. J’ai dû voir la plupart des épisodes cinq ou six fois chacun, George Costanza et Cosmo Kramer sont deux de mes personnages préférés au monde et je crois qu’il n’y a pas beaucoup de situations de la vie que je ne relie pas, spontanément, à des situations de Seinfeld. Bref, c’est génial !
  • LEONARD COHEN Songs from a Room : Mes parents avaient ce disque, donc je peux dire qu’il m’accompagne depuis l’enfance et que ses chansons ont, fatalement, une résonance très lointaine pour moi. Sinon, bien entendu, il s’agit d’un album fabuleux qui contient certaines de mes chansons préférées comme “A Bunch of Lonesome Heroes” et “Story of Isaac”.
  • Five Easy Pieces de Bob Rafelson : Ce film m’accompagne depuis la fin du lycée. Bob Rafelson n’est pas un grand réalisateur, mais Five Easy Pieces résume parfaitement la mélancolie d’une certaine partie du cinéma américain des années 70 (Rain People de Coppola est aussi intéressant, de ce point de vue). Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais la vérité qui se dégage de chacune de ces séquences compense largement les faiblesses de la mise-en-scène. C’est aussi l’un des meilleurs rôles de Jack Nicholson. D’ailleurs, la fin du film a plus ou moins servi de base au scénario de The Passenger d’Antonioni. Ce n’est pas rien…


Cédric Rassat
Mars 2016

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