Christophe Lavergne

Christophe Lavergne / Photographie DR

AU DÉBUT

Quels sont tes premiers souvenirs musicaux et/ou (photo)graphiques ?  Quelle(s) image(s) en gardes-tu ?
Christophe J’ai grandi en parcourant, grâce à mon père qui était publiciste, la revue internationale Graphis (notamment les versions annuelles). Mais c’est l’esthétique punk, puis post punk, qui m’a beaucoup séduite par sa radicalité et son urgence. C’est le premier mouvement, pour ma génération, qui imbriquait la démarche graphique et musicale. (Bazooka, Manchester, Jamie Reid…). La profusion de singles qui sortaient à ce moment-là, provoquait une émulation, une envie de participer, bien que trop jeune pour cela.

“C’est l’esthétique punk, puis post punk, qui m’a beaucoup séduite par sa radicalité et son urgence”

Ya t’il des liens entre ton parcours graphique et ta passion pour la musique ? Est-ce une démarche volontaire ou le fruit du hasard des rencontres ?
ChristopheTrès rapidement, j’ai voulu m’exprimer en liant les deux disciplines. N’étant pas doué pour le solfège, il était préférable que j’aborde le graphisme en m’inspirant de la musique !
Mon frère musicien, ayant lui, créé le groupe « Les Freluquets », naturellement, j’ai commencé à élaborer les visuels associés, tout en apprenant les techniques aux Beaux-Arts.

GRAPHISME ET MUSIQUE

Certains mouvements musicaux ont accordés une place essentielle à l’image et au graphisme. Que penses-tu de cet aspect “visuel” de la musique ?
Christophe J’ai toujours adoré quand un label ou un mouvement développait une vision artistique globale. Factory, Postcards, plus tard Mowax m’ont beaucoup inspiré. ECM est un très bel exemple de direction artistique.

“Mon approche a toujours été de lier mes aspirations artistiques et l’univers des musiciens ou chanteur que l’on doit accompagner”

Collection d’affiches-hommages à des concerts légendaires (Exposition “Losing My Stage”, Bon Marché, Paris) © Restez Vivants !
Collection d’affiches-hommages à des concerts légendaires (Exposition “Losing My Stage”, Bon Marché, Paris) © Restez Vivants !

Que penses-tu du « retour » en force du vinyle face à la dématérialisation de la musique et de sa distribution ?
Christophe L’attrait du vinyl, pour le travail de gens comme moi, permet de sortir du format CD ou numérique, de soigner les détails, jouer sur plusieurs niveaux de lecture. La vente de vinyl reste quand même un marché de niche, mais poser un disque sur une platine est un geste qui amène une solennité, du recueillement que l’on ne trouve pas avec un iPhone par exemple.

 

ARTWORK

En tant que graphiste, quelle importance accordes-tu à une pochette de disque ? Permet-elle d’ajouter une “autre” dimension à la musique ?
Christophe J’accorde une grande importance à l’élaboration d’une pochette de disque. Mon approche a toujours été de lier mes aspirations artistiques et l’univers des musiciens ou chanteur que l’on doit accompagner, il s’agit de susciter la curiosité, d’informer sur ce que l’on va trouver derrière la pochette, le visuel étant comme une carte de visite pour pénétrer un univers !

Quelles sont tes attentes vis à vis du musicien ou du groupe avec lequel tu collabores sur une pochette ?
Christophe La concertation est importante, fixer un cadre pour s’exprimer, elle permet de savoir dans quelle direction aller, si l’on doit recourir à une prise de vue ou bien une illustration. Tous les cas sont particuliers, ainsi que les budgets. Le style musical détermine la tendance du projet. Quelquefois des artistes suggèrent des collaborateurs avec qui ils sont à l’aise, mais si nous pouvons maîtriser toutes les étapes de la création, c’est préférable, par souci d’homogénéité, ceci dit, quelquefois les accidents de parcours, comme des «photos ratées», peuvent amener de bonne surprises.

Artworks © Christophe Lavergne/Restez Vivants !
Artworks © Christophe Lavergne/Restez Vivants !

“Même une pochette qui a tout pour être hideuse peut avoir de l’impact. Car c’est la vision instantanée, émotionnelle qui prédomine le jugement”

Un musicien, un groupe ou un label doivent-il avoir un univers visuel et graphique qui leur est propre ?
Christophe Chaque artiste a un univers personnel, qui évolue selon ses centres d’intérêts, ses impulsions.
En ce qui concerne les labels, je préfère les maisons de disques avec une forte identité. C’est un gage de qualité pour les mélomanes, mais cela peut être réducteur car les pochettes peuvent devenir standardisées, et donc devenir associées à un seul style musical… La complexité est de rendre la nouvelle référence homogène par rapport aux précédentes signatures tout en gardant sa singularité.

Quels sont le ou les éléments (images, typographies, message…) qui font une bonne pochette ?
Christophe —
Il n’y a pas de règles esthétiques, chaque cas est particulier, cela peut être un effet graphique, ou bien un choix typographique, la combinaison de plusieurs choses, c’est une impression générale qui amène le spectateur a éprouver une sensation devant un visuel. Même une pochette qui a tout pour être hideuse peut avoir de l’impact. Car c’est la vision instantanée, émotionnelle qui prédomine le jugement.

HALL OF FAME

Ton Top 5 des plus belles pochettes ?
Television « Marquee Moon » 1977 / Stinky Toys « 2ème album » 1979 / Joy Division « Unknow Pleasures » 1979 / T Rex « Electric Warrior » 1971 / Kraftwerk « Autobahn » (1974)… sans ordre de préférence.

top10_c_lavergne


Pascal Blua
Janvier 2017

Plus d’informations sur Christophe Lavergne / Restez Vivants ! :
www.restezvivants.com

www.facebook.com/restezvivants

Le clip video “Punk! Punk! Punk !” de Country Club est réalisé par Restez Vivants ! Il a été publié à l’occasion des 40 ans du mouvement Punk, et contient près de 200 pochettes de disques créées avant 1980, qui ont été revisitées en animation.

Nick Halliwell

AU DÉBUT

Quels sont tes premiers souvenirs musicaux et/ou graphiques ? La première pochette dont tu te souviens et le premier morceau qui t’a vraiment touché ?
Nick Mes parents ne possédaient que deux LPs pop :  Help! et Rubber Soul. J’adorais ABBA – et je les adore encore. Les albums ABBA (celui avec SOS et Mamma Mia) et Arrival étaient probablement les premiers disques que j’ai achetés moi-même, sur cassette, en 1975/1976.
D’ailleurs, lorsque j’ai travaillé sur Once More From The Top (l’album de The Granite Shore – Ndr), je me suis rendu compte à quel point je suis influencé par ABBA, surtout par cette période-là et des morceaux tels que SOS, Knowing Me, Knowing You. Ce sont des chansons écrites en sections – KMKY en comporte une demi-douzaine dans les 90 premières secondes. Il est clair que ces disques-là m’ont touché lorsque j’avais 11-12 ans et je les écoute encore.

Y a t’il des événements où des personnes qui ont influencé ton parcours ?
Nick Forcément oui… Il y a des disques qui ont matériellement influencé ma vie. L’exemple le plus clair est The Revolutionary Spirit de The Wild Swans. Je l’ai acheté en 1982, il est sorti plus ou moins en même temps qu’un disque que j’avais fait. Je l’adorais. Il n’y a pas eu de suite jusqu’à la sortie de l’EP Peel Session en 1986. Des années plus tard, j’ai rencontré les auteurs et ils sont devenus de bons amis. J’ai commencé Occultation en 2008 parce que je voulais publier deux disques : English Electric Lightning de The Wild Swans et Tomorrow morning, 3 a.m. de The Granite Shore. Nous les avons enregistrés ensemble, avec les mêmes musiciens et j’ai joué de la guitare sèche sur la chanson The Coldest Winter For A Hundred Years de The Wild Swans.
Même scénario pour The Distractions. J’avais acheté leurs disques en 1978-80 et j’ai intégré le groupe en 2010. Ce groupe est une véritable famille. Occultation m’a donné l’opportunité de travailler avec pas mal de gens que j’admire énormément, comme les Wild Swans et les Distractions. Je suis très fier que la première personne qui m’a demandé de produire un album soit Martin Bramah. L’influence de The Fall (à leurs débuts, surtout en 1978) est énorme sur toute ma génération de musiciens. C’était un groupe vraiment indépendant, qui faisait les choses de leur propre manière.

Les 3 premières références du label Ocultation Recordings
Les 3 premières références du label Ocultation Recordings

Selon toi, les cultures visuelles et musicales actuelles sont-elles toujours un facteur d’identification pour les adolescents, comme ont pu l’être le mouvement punk ou la house par exemple ?
Nick Je ne connais pas beaucoup d’adolescents mais… non, il est clair que ce n’est plus la même chose, ce qui est normal, les choses ne sont jamais les mêmes. L’adolescence de la génération de nos parents n’avait rien à voir avec la nôtre. Pendant une période assez courte, même pas 50 ans, la musique qu’on aimait était identitaire. On ne parlait pas d’aimer la musique mod, hippie, punk, etc. on était mod, hippie ou punk. C’était tribal.

“Pendant une période assez courte, même pas 50 ans, la musique qu’on aimait était identitaire. On ne parlait pas d’aimer la musique mod, hippy, punk, etc. on était mod, hippie ou punk. C’était tribal”.

GRAPHISME ET MUSIQUE

Certains mouvements musicaux ont accordés une place essentielle à l’image et au graphisme. Es-tu sensible à cet aspect “visuel” de la musique ?
Nick Hmm… Y suis-je sensible ? Oui et non. En fait, je ne suis pas du tout une personne visuelle. Ma vue est assez mauvaise. Un ophtalmologiste m’a dit : “vous n’avez pas de vision tridimensionnelle…” et je me suis rendu compte que, en effet je vois le monde à plat, ce qui explique pas mal de choses… Le monde, pour moi, est une pochette d’album !
Je n’ai jamais appris à conduire, car je ne comprenais jamais comment les gens voyaient les choses qui arrivaient de côté, quand moi je ne les voyais pas. Mon sens premier est l’ouïe, pas la vue et je suis donc beaucoup plus sensible aux mots et aux sons. Par contre, même si je n’ai pas tendance à considérer les choses d’un point de vue visuel, c’est pour moi une composante essentielle. C’est-à-dire que pour moi cela fait partie d’un tout, je ne considère pas le visuel de manière isolée. L’art dépend du contexte. Il ne suffit pas d’une série de notes musicales, ni même de les jouer sur tels ou tels instruments. Pour apprécier cela d’un point de vue artistique, il nous faut un ensemble de repères et surtout un narratif.

“L’art dépend du contexte. Il ne suffit pas d’une série de notes musicales, ni même de les jouer sur tels ou tels instruments. Pour apprécier cela d’un point de vue artistique, il nous faut un ensemble de repères et surtout un narratif”


En tant que songwriter et musicien, quelle importance et quel rôle accordes-tu à une pochette ?

NickUn des problèmes avec la dématérialisation des arts en général est justement cette perte de certaines valeurs. Une fois, quelqu’un m’a écrit en disant “je viens d’acheter un de tes CDs, mais la pochette est très fine, j’ai peur qu’elle ne se casse. Pourquoi n’as tu pas mis cela dans une boîte en plastique comme tout le monde ?” J’ai répondu “Justement. Il faut le traiter avec du respect et prendre soin de l’objet”.
Il y a cette perte de contexte dont j’ai déjà parlé. Avec un disque vinyle, le public a plusieurs sources pour nourrir son imagination : il y a la musique, bien sûr, mais aussi des images à une échelle raisonnable, ce qui permet une certaine subtilité, on peut y ajouter des textes… Avec un CD, on peut le faire aussi, mais jusqu’à un certain point…
Une fois qu’on dématérialise les arts, on perd ce contexte… et certains arts en souffrent plus que d’autres. Le roman, peut-être, en souffre un peu moins, dans son format numérique, car il est possible d’y ajouter du contexte autrement. En fait, ce n’est pas étonnant que les séries TV deviennent plus compliquées – à la manière des romans du 19ème siècle – quand les autres arts sont de moins en moins complexes.
Nous ne luttons donc pas forcément contre la dématérialisation en soi, mais contre cette idée que le public ne tolère pas de choses complexes. Qu’il n’a envie que de choses simples, qu’il préfère la soi-disante “convivialité” du MP3, à la complexité et l’aspect physique d’un album vinyle.
Par contre, en terme logistiques, le “retour” du vinyle nous cause des grands problèmes de timing. En 2008, lorsque j’ai commencé le label, on pouvait terminer un disque au mois de janvier et 6 semaines plus tard on avait les disques dans les mains. Aujourd’hui, avec le vinyle, il nous faut presque 6 mois.

“Avec un vinyle, le public a plusieurs sources pour nourrir son imagination : il y a la musique, bien sûr, mais aussi des images à une échelle raisonnable, ce qui permet une certaine subtilité, on peut y ajouter des textes…”

ARTWORK

La pochette doit-elle être une véritable réflexion sur la mise en images de la musique où une démarche purement artistique ?
Nick La pochette d’un disque n’a qu’un seul devoir : être la pochette de ce disque et d’aucun autre. Comme je l’ai dis précédemment, nous ne dissocions pas les questions musicales, techniques, esthétiques, pratiques, cela fait partie d’une même démarche générale.
Cette démarche varie un peu d’un disque à autre ; il y a des disques où l’on cherche une image qui reflète assez littéralement le disque – par exemple, The End of the Pier de The Distractions. Cela a été le plus rapide de tous : Steve (Perrin) m’a dit le titre, sur le coup, j’ai trouvé une image de Blackpool Pier en lui disant “quelque chose un peu comme ça, non ?” et il a répondu “ça y est, on a la pochette”. Cinq minutes maximum.
Avec d’autres disques, c’est moins littéral. Pour Once More From The Top de The Granite Shore, j’avais une idée depuis des mois, mais au dernier moment, nous n’avons pas pu la réaliser. Alors, Jim (Donnelly) m’a envoyé des photos et dès que j’ai vu celle de l’arche avec la neige, je me suis dit “tiens, c’est cela…”. Cette image est un peu floue, mais quand même très exacte, et j’ai pensé qu’elle irait parfaitement avec la musique. Ce n’est pas littéral mais c’est exact.

“La pochette d’un disque n’a qu’un seul devoir : être la pochette de ce disque et d’aucun autre”.

Quelles sont tes attentes vis à vis de la personne (artiste, graphiste, photographe, etc..) avec laquelle tu collabores sur une pochette ?
Nick Dans la plupart des cas, les concepts pour nos pochettes sont des collaborations entre moi et l’artiste (en supposant que je ne sois pas l’artiste moi-même) plutôt qu’avec un graphiste.
Parfois, l’artiste a des idées bien concrètes sur ce qu’il souhaite. Dans ce cas, je ne fais pas grand-chose, je dis simplement : « OK, il y a certains éléments qui doivent aller sur tous nos disques, mais à part cela tu es libre… ». Ensuite, je trouve des moyens de réaliser cette vision, et de la faire coller avec la vision globale du label.
Notre approche n’est probablement pas classique : nous ne passons pas de commande à un graphiste. En fait, le travail du graphiste chez nous, est surtout de mettre en forme et de réaliser l’idée. Lorsqu’on travaille avec un peintre ou un photographe, on puise en règle générale dans son œuvre existante. On n’a pas vraiment le budget pour faire des choses sur-mesure.

ARTWORK OCCULTATION RECORDINGS
Occultation Recordings — LP Artworks

Certains labels indépendants, comme 4AD ou Factory Records, ont eu des signatures visuelles très fortes avec des graphistes “stars”. Un label doit-il avoir un univers visuel et graphique qui lui est propre ?
Nick Oui, à mon avis. Certains labels ont une identité propre, d’autres ne sont que le cumul de leurs disques/artistes. Ce sont surtout les labels indépendants qui ont une identité graphique.
Dès le début, cela faisait partie de ma stratégie pour Occultation. Si tu regardes les disques que nous avons sortis, chaque artiste a son univers visuel à lui, mais ils font tous partie de l’univers global du label. Des peintures de Ged (Quinn) figurent sur les disques de The Wild Swans. Beaucoup de nos autres pochettes utilisent des photographies de Jim (Donnelly). Les disques de The Distractions sont tous en noir et blanc. On essaie toujours de garder une cohérence pour chaque artiste.

HALL OF FAME

Selon toi, quels sont le ou les éléments (photographies, typographies, message…) qui font une bonne pochette?
Nick L’important c’est que ça “colle” avec le disque. Par exemple, tous les albums ne demandent pas une pochette double (gatefold sleeve). Nous en faisons même assez rarement, en fait. En général, chez Occultation, nous préférons une pochette simple, avec une pochette intérieure imprimée.
J’aime bien quand les disques d’un artiste ont quelque chose de familial… C’est assez rare, en fait, mais c’est quelque chose que nous essayons de faire. Lorsque nous commençons à travailler avec un artiste, je lui demande de choisir une typographie et de s’y tenir.

LE TOP 5 (DES PLUS BELLES POCHETTES)

Il m’est très difficile de dissocier la pochette, du disque, car cela forme un ensemble. En fait, il me serait plus facile de faire une liste d’albums que j’adore, mais qui ont des pochettes affreuses. Mais essayons, un peu au hasard…

Zior Zior (Nepentha, 1971).
L’album est un peu décevant, mais la pochette est géniale. J’adore le format vertical – je pourrais facilement ne choisir que cela. J’ai un original de ce disque introuvable. En fait, il s’agit d’un des rares cas, où j’adore une pochette qui ne colle pas vraiment au contenu.

Quatermass Quatermass (Harvest, 1970).
A mon avis, c’est la meilleure pochette réalisée par le collectif de graphistes Hipgnosis. Et, cette fois-ci, le disque est à la hauteur de la pochette.

Emmylou Harris Wrecking Ball (Grapevine, 1995)
Sans doute, mon album préféré. J’adore les pochettes en noir et blanc (ou, dans ce cas, presque en noir et blanc) et j’adore aussi le fait, qu’Emmylou s’était teint les cheveux en gris. C’est le seul de mes choix qui provient de l’époque CD et une des rares pochettes CD qui fonctionne bien selon moi. J’ai aussi la version vinyle de ce disque, qui est introuvable et la pochette est encore plus belle.

Shirley and Dolly Collins Love, Death and the Lady (Harvest, 1970)
Encore une pochette au format vertical… La typographie est parfaite, la photo des soeurs Collins est sobre, les détails décoratifs sont superbes…

Isaac Hayes Black Moses (Enterprise, 1971).
Il faisait attention à ses pochettes, M. Hayes… Il y a aussi l’album “live” avec les fenêtres… J’aime le titre de cet album, la forme en croix… et c’est encore une pochette au format vertical !

TOP5_OCCULTATION RECORDINGS_1


Pascal Blua
Janvier 2016

Plus d’informations sur Nick Halliwell :
www.occultation.co.uk
www.facebook.com/OccultationRecordings
www.facebook.com/nhalliwell

Le SuperHomard

Le Super Homard "Maple Key" — Artwork © Cyril Pooley
The Strawberry Smell (Cyril et Christophe / 1993)
The Strawberry Smell (Cyril et Christophe / 1993)

AU DÉBUT
Messieurs, je crois que vous êtes tous les deux musiciens ?
Cyril Alors j’me présente je m’appelle Henri, heu Cyril, je suis graphiste professionnellement depuis 1989 et je joue de la musique, plus qu’un hobby, avec Christophe depuis…1989, autant dire qu’on ne peut pas parler de collaboration mais d’osmose.
Christophe Pareil, sauf que je m’appelle Christophe et que je ne suis pas encore graphiste.

Quels sont vos premiers souvenirs musicaux et/ou graphiques ?
Cyril Pour moi, c’est forcément le flyer du premier concert des Strawberry Smell (le 1er groupe que nous avons crée ensemble), et donc la première identité typo(graphique) du groupe.
Christophe On a appris à jouer de la musique ensemble quand on était encore des ados, on a aussi découvert beaucoup de disques, de pochettes de disques et une partie de l’univers visuel de la musique pop ensemble.

Est-ce un point de départ dans vos parcours ?
Cyril Certainement, comme tout à commencé en même temps, graphiste au sein d’un groupe de rock pop psychédélique, mon travail a toujours été influencé par la musique, et également par les pochettes des groupes qu’on reprenait au début avant d’avoir nos propres compos et notre propre identité graphique.

Cyril, l’association de la musique et du graphisme, est-elle une démarche volontaire ou le fruit du hasard de tes rencontres ?
Cyril Par la force des choses, donc plutôt le hasard des rencontres que ce soit dans la musique avec mes vieux potes du groupe (je ne citerais pas leur âge) ou mon premier stage dans le graphisme, où Christian A., le patron, m’a offert un emploi dans son bureau de stylisme et m’a donné ma chance dans un métier qui est toujours le mien.

“Mon travail a toujours été influencé par la musique, et également par les pochettes des groupes qu’on reprenait au début avant d’avoir nos propres compos et notre propre identité graphique” — Cyril

Le SuperHomard "Maple Key" — Artwork © Cyril Pooley
Le SuperHomard “Maple Key” — Artwork © Cyril Pooley

GRAPHISME ET MUSIQUE

Certains mouvements musicaux ont accordé une place essentielle à l’image et au graphisme. Avez-vous toujours fait attention à cet aspect visuel dans votre propre parcours ?
Cyril De toute évidence, c’est indissociable. La pochette, c’est ce qui te donne envie de découvrir l’univers musical qui se cache derrière. Mais c’est comme une étiquette de vin, il y a des albums géniaux avec des pochettes moches et inversement, une belle étiquette et de la piquette dedans.
Et puis l’imagerie d’un groupe, c’est aussi les clips vidéo, on en fait régulièrement avec Christophe pour nos divers projets.

La pochette est-elle l’empreinte du disque qu’elle contient ?
Cyril — Je pense qu’il faut qu’elle le soit, une extension sensorielle, les yeux qui manquent aux oreilles. Et ce n’est pas toujours le cas, les Beatles par ex., on aime Sergent Pepper pour la pochette et la musique, alors que l’album blanc, il reste juste la musique, hahaha.

“La pochette, c’est ce qui te donne envie de découvrir l’univers musical qui se cache derrière (…) une extension sensorielle, les yeux qui manquent aux oreilles” — Cyril

En tant que musicien et graphiste, quelle importance accordez-vous à une pochette de disque ?
Cyril + Christophe
(à l’unisson) — Essentiel !!!

Que pensez-vous du “retour” en force du vinyle, face à la dématérialisation de la musique et de sa distribution ?
Cyril Ha bon ? c’est encore le retour en force du vinyle, on entend ça tout les 3 ans, on en fabrique certes mais est ce que les gens les achètent ? Nous, on a toujours été des adeptes de la secte vinyle donc c’est plutôt bien que ça revienne en force, et c’est plus sympa comme surface visuelle
Christophe On fait des vinyles depuis nos débuts en fait ! On a toujours été fans de pochettes cartonnées et colorées !

ARTWORK

Comment avez-vous envisagé cette nouvelle collaboration sur la pochette du Super Homard ?
Cyril
On l’a envisagé sous l’angle de l’apéro (angle droit), on discute autour d’un verre, Christophe avait envie d’un visuel assez minimaliste, Lorène (alias Kimi Kimoki), sa compagne qui est illustratrice, avait fait une veille d’affiche rétro japonaise et de couvertures de bouquins scientifiques, et on a tchatché autour de cet univers visuel un peu technologique-rétro-pop.
Christophe Je savais déjà pendant que je faisais le disque que Cyril en ferait la pochette. Même le nom de SuperHomard vient du nom du label/studio que nous avons créé ensemble avec des copains pour sortir certains disques de nos autres projets (Pony Taylor par exemple). Ce nom date aussi de l’époque des Strawberry Smell, il est tiré du nom d’une boite de nuit pop dans le film 60’s « Ne Nous Fâchons Pas » dont le thème musical a été le premier morceau que nous avons appris à jouer.

Pouvez-vous résumer l’intention du disque et de la pochette ? Le visuel principal, comment l’avez-vous construit ?
Cyril
J’ai proposé quelques pistes graphiques, re-apéro, puis on fait un mixe de deux pistes qui plaisait à Christophe, une hyper épuré avec seulement un motif vintage et une plus chargée (qui pour moi correspondait mieux à la musique assez sophistiquée du Superhomard), et Kimi a réalisé les illustrations additionnelles, pour habiller l’intérieur.

Illustration © Kimi Kimok / Artwork © Cyril Pooley
Illustration © Kimi Kimok / Artwork © Cyril Pooley

Cyril, selon toi, la pochette doit-elle être une véritable réflexion sur la mise en image de la musique où une démarche purement artistique ?
Cyril
Parfois l’un, parfois l’autre, parfois les 2 ensembles. Ca me plait bien parfois de faire des pochettes, par exemple pour des groupes purement sixties, qui s’inspirent gravement de l’univers visuel des pochettes sixties, des clichés type EP américain. Il y a beaucoup de groupes qui ont déjà une vision de l’ambiance qu’ils veulent sur leur pochette, ce sont des artistes aussi, ne l’oublions pas.
J’ai fait des pochettes de Death Metal, (si, si !), autant dire que les codes étaient imposés.

“Parfois je trouve que ça peut être bien si tous les groupes du label sont assez proches niveau style, comme chez le label Ghostbox de Julian House” — Christophe

Pensez-vous qu’un label doit avoir un univers visuel et graphique qui lui est propre ?
Cyril
Je dirais non, il me semble que c’est l’univers du groupe qui prime. Par contre, je suis un fan absolu (que Jimmy et Janis m’en soient témoin) du Fillmore Auditorium à San-Francisco où les graphistes résidents ont créé un univers visuel propre au lieu, au travers des posters des groupes qui y jouaient.
Christophe Parfois je trouve que ça peut être bien si tous les groupes du label sont assez proches niveau style, comme chez le label Ghostbox de Julian House (un graphiste designer anglais cultissime).

Christophe, quelles sont tes attentes vis à vis de la personne avec lequel tu collabores sur une pochette ? Un bon apéro ?
Christophe
Avec des cacahuètes, très important les cacahuètes ! Plus sérieusement, être sur la même longueur d’onde que le designer. Avec Cyril c’est comme quand on joue de la musique ensemble, on se connaît tellement bien qu’on a même plus besoin de se parler en fait !

Artworks by Cyril Pooley
Artworks by Cyril Pooley

HALL OF FAME

Quels sont le ou les éléments (images, typographies, message…) qui font une bonne pochette?
Cyril Pour moi, une belle photo et un bon choix typo suffisent souvent à faire une belle pochette.

 

LE TOP 5 (DES PLUS BELLES POCHETTES)

Cyril

The Strawberry Alarm Clock – Incense And Peppermints
The Who – Sell out
Cotton Comes to Harlem – B.O.F (toutes les pochettes des B.O de Blaxploitation en général, avec composition illustrée)
Cucumber – The French Job  (auto-promo, j’en suis fier, j’y ai mis mes trip(e)s)
Chicago – (pour la série complète de pochette déclinée sur la même base)

Disocrama_Top5_SuperHomard
Christophe
Je rajouterai aussi :
The Strawberry Smell – Odorama  (auto promo bis mais une super belle pochette quand même !)
Stereolab – Dots and loops
The Music Machine – Turn On


Pascal Blua
Novembre 2015

Plus d’informations sur l’univers de Christophe et de Cyril :
www.facebook.com/lesuperhomard
“Ne nous fâchons pas avec Le SuperHomard” (Soul Kitchen)
“Pooley, Cucumber, Cyril Jean” (Ave The Sound)

« Maple Key » —Le Super Homard (2015)

Grisbi

Grisbi / Photographie © monsieurj

AU DÉBUT

Quel est votre premier souvenir “graphique” à tous les deux ?
Natasha Une reproduction du Jardin des Délices de Jérôme Bosch qui trônait au-dessus de l’orgue du salon. Un univers étrange et fascinant, fourmillant de détails, qui m’a obsédé toute mon enfance. À la même époque, j’ai pas mal feuilleté les magazines Géo de mes parents. Leurs reportages photo m’ont aussi profondément marqués.
Antoine Les hommes volants de Jean-Michel Folon, le fameux générique d’Antenne 2.

Et votre premier souvenir “musical” ?
Antoine — Pink Floyd “The Wall”, la musicassette de mes parents (avec plastique bleu !?) doit être bien rincée à l’heure qu’il est…
Natasha Si on exclut ma première demande officielle d’achat de disque (“Chante” des Forbans…), et j’avoue que ça m’arrange, je pense instantanément à “Lost Weekend” de Lloyd Cole And The Commotions. C’est probablement le morceau que j’ai le plus écouté en boucle avant mes 10 ans. J’étais amoureuse de la voix et de la guitare, c’était super pour danser.

Les deux souvenirs sont-ils liés ?
Antoine  Pas vraiment, mais dans les deux cas, l’image et la musique sont indissociables, ils ne forment qu’une entité. L’intérieur de pochette de Pink Floyd “The Wall” m’a provoquée pas mal de cauchemars à 5 ans.
Natasha — Indirectement, oui. Mon père achetait tous les 45 tours qui sortaient à l’époque. Je passai des heures, le casque vissé sur les oreilles, à les écouter dans le salon, là où était accroché le dit tableau. J’ai donc pu le contempler longuement, bercée par le meilleur et le pire de la musique des années 1970-1980. Curieuse mixture…

“L’intérieur de pochette de Pink Floyd “The Wall” m’a provoquée pas mal de cauchemars à 5 ans” — Antoine

Photographie © Jean-Christophe Londe (aka monsieurj)

GRAPHISME ET MUSIQUE

Certains mouvements musicaux ont accordé une place essentielle à l’image et au graphisme. Y êtes-vous sensible ?
Antoine  Complètement. La période punk a été décisive en ce qui concerne l’évolution de l’imagerie et de la musique, puisque tout le monde devenait potentiellement un artiste. On a connu sensiblement la même chose avec la house, ses badges et consorts.
Natasha — Ma grande sœur était fan de hard-rock, donc oui j’ai été sensibilisée assez tôt à ce lien entre musique et graphisme… Toute considération esthétique mise à part, les zombies de Maiden, la fameuse pochette de Scorpions avec le chewing-gum collé sur la poitrine dont j’ai oublié le nom, ou les croix alignées de Master of Puppets (Metallica) sont des images marquantes.
A la simple vue d’une pochette, tu sais où tu mets les pieds, comme avec l’imagerie punk dont l’esthétique est aussi très codifiée, avec des typos destroy très étudiées. Au final, ces codes, cette iconographie, c’est une manière pour les groupes de revendiquer ou d’affirmer leur appartenance à un mouvement et d’être instantanément identifiés par un public. C’est bien pratique mais le risque est de tomber dans les clichés. J’ai tendance à préférer les outsiders qui brouillent les pistes.

En tant que musicien, quelle importance et quel rôle accordez-vous à une pochette de disque ?
Natasha  La pochette a un rôle primordial. Avant même la musique, c’est le premier contact intime qu’on a avec un disque. C’est une porte d’entrée qu’on a envie de pousser ou pas. J’ai acheté de nombreux disques sur la foi de la pochette, simplement parce que le visuel était beau ou intrigant. Inversement, je suis peut-être passée à côté de très bons disques à cause d’une pochette ratée.
Antoine — La pochette « représente » la musique, elle en est l’ambassadeur. Elle signifie aussi parfois « Attention, ceci n’est pas pour tout le monde ».

“Le ressenti d’un graphiste sur la musique, les images qu’elle fait naître dans sa tête, c’est bien plus intéressant que de répondre à un cahier des charges” — Antoine

Selon vous, la pochette doit-elle être “simplement” représentative du disque qu’elle contient ou permet-elle d’ajouter une “autre” dimension à la musique ?
Natasha Elle ne doit pas être nécessairement représentative de la musique, je dirais même au contraire, mais elle conditionne indéniablement notre écoute.
Elle peut stimuler notre imaginaire en étant énigmatique (Houses of the Holy – Led Zeppelin). Elle peut s’effacer en jouant la neutralité ou le minimalisme (l’album blanc des Beatles, la banane de Warhol pour le Velvet) pour laisser place à l’essentiel, ou au contraire imposer une lecture en donnant beaucoup d’informations, en proposant une histoire.
Antoine Pour moi, elle n’a pas à être représentative, en tous cas pas nécessairement. “Atom Heart Mother” et sa vache est pour moi une référence en la matière. Le ressenti d’un graphiste sur la musique, les images qu’elle fait naître dans sa tête, c’est bien plus intéressant que de répondre à un cahier des charges.

Faites vous une différence entre une pochette vinyle et une pochette CD ?
Natasha La pochette vinyle l’emporte évidemment haut la main. J’adore cet objet et son format, 33t et 45t confondus. C’est un carré parfait qui vieillit en outre très bien. Je trouve ça beau une pochette qui a vécu, avec ses coins abîmés, ses déchirures, le nom de son propriétaire fièrement griffonné…
Elle révèle une relation très intime, une histoire d’amour ou de haine parfois. Une boîte cristal de CD rayée ne me raconte pas grand chose.
Antoine J’ai toujours eu du mal à ne pas écorner les pochettes de Cds en les glissant dans les boîtiers cristal, cette fameuse quatrième languette ;p
Je reste bien plus attaché au visuel des vinyles qu’à leur son, les craquements ça ne me manque pas du tout. Il y a une certaine perfection dans ce format 30*30.

“Je trouve ça beau une pochette qui a vécu, avec ses coins abîmés, ses déchirures, le nom de son propriétaire fièrement griffonné” — Natasha

Photographie © Jean-Christophe Londe (aka monsieurj)
ARTWORK

Comment envisagez-vous le travail sur une pochette ? Êtes-vous ouvert à l’apport et l’échange d’une collaboration graphique ?
Antoine Au moment d’enregistrer, je n’y prête aucune considération. C’est ce que l’ensemble des titres évoque en terme d’image qui est important, ça intervient dans un deuxième temps, tout en appartenant à l’œuvre dans sa totalité. Je détesterais réaliser les pochettes moi-même, si tant est que j’en avais les compétences. Ma vision reste musicale.
Natasha Jusqu’ici on a confié la réalisation de nos pochettes à des amis, graphiste ou photographe. On est finalement peu intervenu dessus. C’est assez marrant et instructif de voir ce qu’évoque ta musique chez les autres.
Aujourd’hui, j’ai envie de m’exprimer davantage sur l’aspect visuel. L’important étant de trouver le bon équilibre entre tes aspirations et la liberté d’action du graphiste. Une collaboration est et doit rester un échange.

Lorsque vous composez, avez-vous des images spécifiques en tête ?
Natasha J’ai tendance à penser qu’on se nourrit forcément d’images quand on écrit, quand on compose, mais je peux me tromper. En tout cas, je fonctionne comme ça. Les mots d’une chanson, les mélodies, sont la traduction des images qu’on a dans la tête ou dont on s’inspire (photo, tableau…) mais ce ne sont pas nécessairement celles qu’on imagine pour illustrer une pochette de disque.
Antoine Lorsqu’on a composé notre premier album « Playtime » (sic), on a abusé des dialogues de film, l’idée étant de faire naître un maximum d’images chez l’auditeur, de l’enfermer dans une bulle.
La plupart de mes idées musicales naissent d’images d’ailleurs, comme le final psychédélique de 2001 ou les scènes de plage de « Rêve de Singe » par exemple, des trucs oniriques.
Je préfère qu’on me suggère des images évoquées par la musique ; je suis d’ailleurs très satisfait du travail graphique de Marceau Boré (de Piano Chat) pour notre 1er album, l’image de ces deux personnages un peu anxieux gribouillés sur du papier froissé, ça nous représentait parfaitement, du moins tels qu’on l’était à l’époque. J’y vois mes propres doutes.

“Les mots d’une chanson, les mélodies, sont la traduction des images qu’on a dans la tête ou dont on s’inspire  mais ce ne sont pas nécessairement celles qu’on imagine pour illustrer une pochette de disque” — Natasha

Qu’attendez-vous de la personne (artiste, graphiste, photographe, etc..) avec laquelle vous travaillez sur une pochette ?
Natasha D’abord qu’il y prenne du plaisir et qu’il soit sensible à notre musique. Si c’est une contrainte, il n’en sortira rien de bon. Qu’il ose faire des propositions, radicales ou auxquelles on n’aurait pas pensé, tout en sachant être à l’écoute du groupe. Et puis, qu’il sache faire ce que je ne sais pas faire techniquement !
Antoine Qu’elle s’exprime, sans barrières. Comme nous en somme.

Dans votre discographie, avez-vous cherché à garder une identité graphique, une ligne directrice où pensez-vous que chaque disque doit ou peut avoir un univers visuel spécifique ?
Antoine — Ça dépend des jours ;p On peut vite se retrouver coincés dans une imagerie qui ne nous correspond plus à l’instant T, puisqu’on évolue tous. Ou alors il faut s’appeler The Smiths et avoir suffisamment de latitude. Et encore, leurs covers sont toutes interchangeables en réalité, elle ne servent pas forcement la musique qu’elles véhiculent. J’ai du mal avec les artistes monomaniaques de toute façon.
Natasha
Il n’y a aucun lien visuel entre le premier album de Grisbi (Playtime) et l’EP ‘Lillies Bordello qui a suivi. Pas forcément par choix délibéré, cela est lié à l’histoire du groupe, la volonté d’intégrer des amis dans le projet, la débrouille aussi…
Dans le premier cas, on a fait appel à un ami graphiste et musicien, Marceau Boré, qui a gribouillé un dessin dans le train et qu’on a gardé tel quel parce que la spontanéité de sa réalisation nous plaisait. On a fait le choix de la photo pour la pochette de l’EP qu’on a confiée à notre ami photographe Monsieurj. La pochette du prochain disque sera aussi très différente des autres. J’ai des envies plus affirmées aujourd’hui, des idées plus précises.

“La plupart de mes idées musicales naissent d’images d’ailleurs, comme le final psychédélique de 2001 ou les scènes de plage de « Rêve de Singe » par exemple, des trucs oniriques.” — Antoine

Photographie © Jean-Christophe Londe (aka monsieurj)

HALL OF FAME

Quelles sont la ou les pochettes qui font référence pour vous ?
Antoine
J’adore celle d’Actually des Pet Shop Boys, qui les représente des poches sous les yeux, en train de bailler, dans ce qu’on imagine être une séance de shooting promo. Elle raconte une histoire. Idem pour “Propaganda des Sparks.
Natasha Outre les incontournables pochettes des Smiths et de Kraftwerk que je vénère, il y a bien sûr celle, fascinante, d’ “Atom Heart Mother” de Pink Floyd. Avec mes sœurs, on demandait aux parents le disque de “la vache”. Cela en dit long sur l’efficacité imparable de ce visuel. Je leur ai piqué depuis et il est exposé chez moi comme une sainte relique. Ce choc visuel on l’a avec à peu près toutes les pochettes de Pink Floyd. Je pense à “Ummagumma” et “Animals” en particulier. J’en exclus la vilaine pochette de “The Endless River” qui évoque une parodie, un fake. C’est totalement raté.

LE TOP 5 (DES PLUS BELLES POCHETTES)

Natasha

The Man Machine – Kraftwerk
Movement – New Order
Animals – Pink Floyd
Goo – Sonic Youth
Histoire de Melody Nelson – Serge Gainsbourg
Discorama_Top5_Grisbi_Natasha
Antoine
XTC – Go
Depeche Mode – Music For The Masses
Broadcast – The Noise Made By People
New Order – Movement
Throbbing Gristle – 20 Jazz Funk Greats
Discorama_Top5_Grisbi_Antoine


Pascal Blua
Octobre 2015

Plus d’informations sur Grisbi :
www.facebook.com/Grisbi
www.elap-music.com


Toutes les photographies qui illustrent l’article sont de © Jean-Christophe Londe (aka monsieurj)

“Keep An Eye On You” —Grisbi (2015)

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