Daniel Yeang

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LES ESSENTIELS DE DANIEL YEANG

Cinq albums île déserte
Choix cornélien et injuste de partir avec seulement quelques disques si je décidais un jour de m’isoler sur une île déserte. Pour ma part, cela serait Forever Changes de LOVE, ce live datant de 1963 (mais sorti en 1985) et peut-être le meilleur à n’avoir jamais été publié de SAM COOKE, Closer de JOY DIVISION, Technique de mon groupe préféré de tout l’étang NEW ORDER et surtout Vilosophe de MANES auquel je suis viscéralement attaché au point que j’utilise le titre de cet album comme pseudo. En effet, lorsque j’ai découvert ce disque, j’ai passé tout un week-end cloitré dans ma chambre à le passer en boucle — soit à peu près une cinquantaine de fois ! — et cela reste l’expérience auditive la plus intense que j’ai vécu dans toute ma vie. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant et cela ne se reproduira certainement pas.

Un blazer Ugo Baldini, un polo Gran Sasso, une pochette Simmonot-Godard, une cravate tricot Howard’s Paris, des souliers Barker England, une besace 48h Leon Flam
Ce que l’on nomme parfois le “sartorialisme” est mon autre grande passion avec la musique. Auparavant, je me ruinais en vêtements de marques beaucoup trop chers, vous savez celles qui dépensent en millions en espaces publicitaires, et ce n’est que depuis quatre ans que je me suis réellement penché sur le sujet. Il s’agit ici de certaines de mes pièces favorites qui ce ne sont pas forcément parmi les noms les plus connus. Je fais désormais attention à la matière, la coupe, la fabrication ou les couleurs (majoritairement dans les tons bleus ou gris), m’inspirant autant du style britannique que celui preppy des universités américaines. Bref, j’assimile la recherche du beau vêtement comme le “digging” de vinyle. Les gens sont souvent étonnés de me voir habiller ainsi, d’ailleurs au boulot on m’appelle toujours “Monsieur le Directeur” (rires) !

Quelques classiques hip-hop
Le hip-hop à été le premier véritable univers musical auquel je me suis confronté durant mon adolescence, c’est pour cela qu’il était obligatoire que quelques classiques du genre fassent partie de ces essentiels. Le rap a réellement pris son essor en France durant la moitié des années 90 grâce à l’influence du boom bap new-yorkais et à cette époque j’avais toute la panoplie : je me sapais en t-shirt Helly Hansen et en baggy Triangle, j’écoutais religieusement Génération 88.2 et je voulais être rappeur ! Je me faisais appeler MC Ekinox et j’avais même enregistré sur K7 quelques freestyles avec des potes ! Par la suite, je me suis intéressé au black metal et me suis ouvert à d’autres courants musicaux. Même si je me suis ostensiblement éloigné de cet univers, je n’ai jamais renié le rap et je me suis remis à en réécouter massivement depuis cinq ans. Aujourd’hui, je considère tout ce qui touche au hip-hop ou au r’n’b contemporain comme la nouvelle norme pop, les productions sont ce qu’il y a de plus audacieux dans la musique actuelle.

Ma carte UGC illimitée
Je suis à la base un grand cinéphile et j’ai accumulé au fil des années près d’un millier de dvds que je revends au fur et à mesure. Cependant à partir de 2009, par manque de temps et surtout parce que je commençais parallèlement ma collection de vinyles, j’ai dû seulement mater une dizaine de longs métrages dont la moitié chez moi. Il aura fallu que j’aille voir Interstellar au cinéma en 2014, qui m’aura bouleversé, pour reprendre goût à cette passion et à me faire une carte d’abonnement mensuelle. Depuis, je vais en moyenne 8 à10 fois par mois en salles (en plus des films que je regarde à la maison) et j’essaye d’être plus curieux et de découvrir des petits films indépendants, étrangers ou français, chose que je n’aurais jamais pensé faire auparavant.

Ma collection de Blut aus Nord
BLUT AUS NORD
est certainement mon groupe préféré actuellement et je considère Vindsval, initiateur du projet, comme l’un des rares génies dans la musique. Par le passé, j’ai déjà tenté de collectionner TOUS les disques de certains de mes artistes/groupes favoris, je pense notamment à New Order ou Prince, mais j’ai finalement décidé de me ruiner uniquement pour BaN et je dois en posséder plus d’une cinquantaine pour le moment.

Des livres sur la musique, des mangas et des comics
En réalité et c’est parfois tabou de l’avouer, mais je déteste lire et j’ai vraiment du mal à stimuler mon imagination devant un bouquin. Par contre, je suis friand des livres au sujet de la musique: le black metal, ÉTIENNE DAHO, BILL CALLAHAN, la MOTOWN, FACTORY RECORDS et bien entendu PRINCE et DAVID BOWIE qui nous ont quittés cette année. Il est difficile de voir disparaitre coup sur coup deux de ses idoles en un si peu laps de temps. Pour ce qui est des mangas, je n’en achète plus autant qu’auparavant et le seul que je suis encore régulièrement est Coq de combat. Gen d’Hiroshima fait partie de mes essentiels, car il est à ce jour le seul manga à m’avoir fait pleurer. Quant aux comics, j’en ai plus d’un millier, VF et VO, collectés en près de 25 ans. Je suis surtout très super héros, mais cela ne m’empêche pas d’apprécier des choses plus “mondaines” telles que le mythique Maus.

Mon coffret COIL Colour Sound Oblivion
COIL
est un de mes groupes préférés et lorsque Peter “Sleazy” Christopherson prit la décision de sortir en 2010 un coffret en bois de 16 dvds retraçant quelques concerts, dont beaucoup filmé par des spectateurs, je n’ai pas hésité un instant malgré son tarif un brin exorbitant. Je reçois finalement le magnifique objet quelques mois plus tard en provenance de Thaïlande (Sleazy s’étant notamment établi là-bas dû à sa passion pour les jeunes hommes) et de devoir payer les frais de douanes s’élevant à un tiers du prix du coffret ! Bon je suis heureux de le posséder, c’est mon artefact à moi, et il vaut à priori quatre fois le tarif que j’ai dépensé à présent, mais cette taxe six ans après me reste toujours en travers la gorge (rires) !

Un maillot de l’équipe de France de football
Cela fait 25 ans que je suis fan de foot et ceux qui me connaissent à travers les réseaux sociaux ne se doutaient pas de cette passion puisque je n’en parlais quasiment jamais alors que je regarde des matchs toutes les semaines. Il aura fallu que j’évoque l’Euro cet été pour voir ressurgir tous les clichés éculés sur les footballeurs et leurs supporters, ça m’avait assez chagriné et j’ai tenu à faire une mise au point sur le sujet. C’est un mal uniquement français, si ce n’est pas le football, c’est un autre phénomène qui sera désigné coupable idéal des maux de notre société actuelle.

 

Daniel Yeang
Octobre 2016

 


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Laura Le Baron

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LES ESSENTIELS DE LAURA LE BARON

Le vinyle de Véronique Sanson : “Live At The Olympia” de 1976. Cette femme c’est une telle force, un talent de compositrice et d’auteur évidemment, une sacrée battante qui s’est imposée sur les scènes au même titre que les chanteurs de l’époque, mais une force dans sa propre vie également (elle a vécu avec un homme violent pendant plusieurs années, a tout supporté pour ne pas perdre la garde de son fils…). J’aime chanter très faux et très fort des morceaux comme Redoutable ou Une Nuit Sur Son Epaule, qui me touchent beaucoup. Bref, Véro, dans le genre piano/frissons/femme géniale, avec Barbara, il n’y a pas au dessus!

Le vinyle de Paul Simon, il me rappelle l’enfance, sa voix est douce, ce n’est que plus tard que j’ai compris quelle ampleur avait eu cet artiste sur la musique ! Ses curiosités, ses découvertes, la tournée avec les sud africains et toute la polémique… Le vinyle appartient à ma mère, on a du me le faire pas mal écouter car il est très rassurant. Mother And Child Reunion est ma préférée. Et Paul est si beau sur la pochette !

“Ma Nuit Chez Maud”, premier Rohmer vu, premier coup de foudre cinématographique pour l’univers de ce grand monsieur. Et Trintignant. “Avez vous lu Pascal ?” ça change de “T’as de beaux yeux tu sais !” mais ça veut dire pareil. Et ce film où les personnages frôlent les choses, se battent avec leurs envies, leurs idées, les conventions. Je le regarde assez peu souvent mais je n’aimerais pas le prêter trop longtemps. C’est beau de le revoir.

Le vinyle de “Grand Tour” d’Orouni. Un groupe dont j’ai fait la promo, je l’ai découvert par mon travail donc, grâce au label Sauvage Records, c’est un super projet, pourvu qu’on aime la pop en anglais, et sur celui-ci particulièrement, les voyages… un prochain disque se prépare.

Mes sandales. Cette année elles sont dorées, j’aime l’été pour marcher en sandales, c’est régressif, signe de vacances, on peut les emporter partout, et je déteste marcher pieds nus !

“La Reproduction” d’AFD, un magnifique disque. Un disque dont j’attends la suite depuis six ans, entre espoir et désespoir. En boucle, je l’ai écouté. Des jours. Des semaines. Des mois durant. Quel grand disque ! Il reviendra, j’en suis sûre !

Mon nouvel agenda et mes cartes de visite. Le premier m’est indispensable. J’oublie absolument tout sans lui. Les deuxièmes trainent dans tous mes sacs, et je suis fière de mon logo, dessiné par Sylvain Oger.

Ce vinyle de George Harrisson, “Give Me Love Give Me Peace On Earth” il dit tout dans le titre, qu’il était beau dans sa barbe ce George ! Un gourou d’amour et que ses mots résonnent dans le vide aujourd’hui! Ce titre est doux et plein d’espérance, j’aime bien l’écouter, au bureau, où est la platine.

“La Noce” de Pavel Lounguine. Alors ce film fut une bouffée de Russie contemporaine, à sa sortie, une belle découverte pour moi qui ai étudié au lycée le russe. Je galérais! Ce conte plein d’accordéon, de mafia, de campagne moscovite est d’une grande tendresse. Le mariage y est sublime, une cérémonie orthodoxe.
Est il fidèle à la Russie d’aujourd’hui ? J’aimerais croire que oui, mais je fantasme ce pays, en attendant d’aller marcher dans les forêts de bouleau, au chant des loups…

L’un de mes plus beaux souvenirs de lecture c’est “Balzac et la petite tailleuse chinoise” de Dai Sijie, qui vit en France aujourd’hui. Il raconte la révolution culturelle, ses horreurs et la résistance par la préservation de quelques ouvrages “interdits” car subversifs. Dont ceux de Balzac. Et l’initiation à la lecture d’une jeune villageoise illetrée par le héros, qui va transformer – forcément – sa vie. Cela ne m’a pas fait aimer Balzac mais les autres ouvrages de Dai Sijie oui !

La petite tasse anglaise appartenait à ma grand-mère, elle ne devait pas s’en servir beaucoup, elle a l’air neuf, je l’ai récupérée dans son appartement, elle est partie il y a cinq mois. Ca me parait encore impossible. Un grand vide.
C’est un petit bout d’elle dans un objet que j’utilise au quotidien, car je bois beaucoup de thé, et j’aime bien cette idée quand j’ai peur de l’oublier. Elle est chic et ringarde en même temps avec ses petites fleurs dorées. Je l’adore.

“Oncle Vania” de Tchekhov. Quand je faisais du théâtre je voulais jouer Sonia, la fille moins jolie, celle qui bosse sur le domaine familial en ruine et se sacrifie jusqu’au bout pour le maintenir à flot, qui aime le médecin en secret, sans qu’il ne l’ait jamais regardée. J’avais finalement suivi les conseils de mon prof, et joué Elena. L’autre femme. Belle et riche, assez antipathique. Et c’est toujours mieux de jouer le personnage qui ne vous ressemble pas à priori. Tchekhov en français ça peut être poussiéreux, ennuyeux, comme par Podalydes parfois, à la Comédie Française, alors que c’est la Russie qui s’écroule, celle d’un XIXe conscient de ses défis et de ses faiblesses.

Le parfum c’est “Amour” de Kenzo. Je l’ai depuis des années. Ca doit être mon parfum d’adulte. J’ai appris que c’était un parfum “de peau”, qui ne se sent qu’à une petite distance, contrairement à un parfum “de sillage” (ceux qui cocottent à deux cents mètres !)

“Le Festin de Babeth” c’est le premier film que j’ai vu au cinéma apparemment. Un film incroyable, Stéphane Audran (quelle femme !!) est un chef français qui a fui La Commune et sert dans une communauté très religieuse au Danemark. Un jour, elle prépare un repas incroyable pour les membres de cette “secte” et c’est jubilatoire de les voir réagir (à ce pêché qu’est d’apprécier la bonne chère !).

Ce portrait de Jay Jay Johanson par Julien Bourgeois m’a été offert par mon amie Valérie, qui tient la belle boutique French Touche, rue Legendre dans le XVIIème. Après le bel accrochage de Julien Bourgeois dans sa boutique il y a quelques années, sur son livre “Swedish Music Landscape”, elle m’a fait ce cadeau !
Jay-Jay, c’est un artiste que j’admire beaucoup, et pas uniquement pour sa merveilleuse chanson “Laura” (je l’aimais déjà avant !) Il incarne un éternel chic, romantique, c’est un dandy, un poète…

L’affiche des “Demoiselles De Rochefort” de Jacques Demy, film de l’enfance, de la musique, de la joie. Demy c’est un appel à l’enfant en nous c’est magique. On l’aime tous je crois, il n’y a rien de très original dans ce coup de cœur. Si ce n’est que ce film termine de rendre amoureux de Piccoli pour toujours et à jamais. On a envie que les jumelles le reconnaissent à chaque instant. Simon Dame. ♡♡♡

Et enfin, la cerise sur le canapé, mon chat Hedda. C’est un personnage, pas une personne, qui prend beaucoup de place. Elle compte beaucoup. Les chats ne vivent pas chez nous mais avec nous, et la plupart du temps, nous vivons chez eux.

Laura Le Baron
Septembre 2016


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Chan Masson

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LES ESSENTIELS DE CHAN MASSON

Mes essentiels gravitent autour de la musique et des livres, du thé et de la mer, selon une orbite bordélique et fusionnelle.

Je lis à haute dose depuis que je sais lire, toujours deux livres en même temps, l’un de jour posé sur le canapé, l’autre de nuit posé à côté du lit – j’aime lire allongée. Je ne pars jamais sans bouquins dans mon sac. Je ne m’endors jamais, quelle que soit l’heure, sans avoir lu au moins quelques pages.

Je suis tombée dans la musique depuis les 80s en Grande Bretagne et les années n’ont pas émoussé mon plaisir. Je ne suis pas nostalgique d’une époque, j’écoute bien sûr toujours mes vieux disques mais je découvre aussi beaucoup de jeunes groupes qui me surprennent, me font décoller et me donnent envie de continuer. Je ne suis pas collectionneuse, je prête volontiers disques et livres, je n’ai pas une vocation de gardienne de musée.

L’asso dont je fais partie, Sabotage, organise des concerts à Dijon. J’héberge les groupes, occasion de belles rencontres qui perdurent, d’échanges passionnés et de soirées prolongées. La musique est un lien intergénérationnel et ignore superbement les frontières.

Qui dit musique dit badges. Je fais des badges depuis quelques années, ce mini support qu’on perd, qu’on retrouve dans une poche, qu’on offre. Les groupes qui passent à la maison dessinent leurs propres modèles et veulent absolument tester la machine. “Oh my god, it works!”. J’aime l’idée que mes badges se baladent à Londres, New York, Wellington ou sur l’île d’Eigg.

La mer est indispensable à mon équilibre. Quand je dis la mer, c’est principalement en Bretagne et au Pays de Galles, je n’ai pas d’affinités avec les palmiers et les cieux trop bleus. J’habite si loin dans les terres, les retrouvailles maritimes sont d’autant plus attendues et jouissives.

Et je ne pourrais vivre sans thé because tea is a warm caress.

Voilà mes essentiels, dans le désordre qui est aussi un essentiel.
Livres, musique, badges, Bretagne, Pays de Galles, tout est arrimé autour des amitiés qui se nouent au fil des années.

« On a thousand islands in the sea
I see a thousand people just like me »


Chan Masson
Juillet 2016

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Michel Valente

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LES ESSENTIELS DE MICHEL VALENTE

Je n’ai pas réfléchi longtemps pour choisir mes essentiels. Par contre, je me suis longtemps questionné pour savoir comment j’allais les représenter ces essentiels. Après des semaines de tâtonnements, d’expérimentations, d’échecs, j’ai finalement choisi cette image que je m’imagine être un négatif de mes essentiels. Un négatif de moi-même.

Dr MARTENS : Je ne m’imagine pas vivre sans une paire de Dr Martens. Les chaussures parfaites. Celles-ci, ce sont les premières que j’ai juré à ma mère de garder toute ma vie.

Feuille BLANCHE / Feutre NOIR : Brel disait que sans travail, un don n’est rien qu’une sale manie. Je ne sais pas si j’ai un don mais oui, j’ai une sale manie : celle de dessiner partout sauf chez moi. En cours, en réunion, au bureau. Partout où je ne devrais pas. Le bruit du feutre sur la feuille a sur moi, le même effet que le diamant se posant sur le vinyle. Il m’apaise.

Fernando PESSOA / Le livre de l’intranquillité : Daniel Darc disait que plus fort que ce livre, il n’y avait pas. Je l’ai lu, c’est certain, où je ne sais pas, impossible de retrouver l’interview. Peut-être l’a-t-il dit pour d’autres livres, peu importe. Quand je dessine au bureau, je pense souvent à Pessoa et plus particulièrement à son hétéronyme, Bernardo Soares, le personnage du Livre de l’intranquillité. J’aimerai que mes dessins aient la même force que ses écrits même si je sais que c’est un vœu pieux.

AMALIA Rodrigues / Canta Portugal : Pour ne pas oublier d’où je viens. Pour ne pas oublier d’où vient ce disque. Pour cette pochette mélancolique qui résume à elle seule, la saudade. Parce que cette saudade vieille de plusieurs siècles et qui coule dans mes veines m’a, j’en suis convaincu, conduit vers cette pop mélancolique que j’aime tant.

MOTOWN Complete Singles / 1966 : Non pas pour ce que représente 1966 dans l’histoire de la pop mais plutôt parce que ce coffret contient mes deux chansons préférées de la Motown : Heaven must have sent you et Beauty is only skin deep. Ce ne sont pas les plus grandes chansons de ce label incroyable. Ni les plus belles d’ailleurs. Seulement mes plus belles à moi.

Un JEAN : J’ai une quantité, comment dire, non négligeable de jeans. Je me suis mis à les acheter comme les disques : avec obsession.

Une paire de TONGUE : Je souffre tellement des pieds qu’il m’est impossible d’imaginer une vie sans tongue. Plus qu’essentiel, indispensable.

Bret Easton Ellis / LUNAR PARK : Le livre que j’aurai aimé écrire.

Yves Adrien / Novövision : Un livre qui est plus qu’un livre. C’est une œuvre d’art. Rien de moins.

Un Tire-BOUCHON : Pour le plaisir d’ouvrir une bouteille de vin.

Une boîte avec les dents de laits de mes ENFANTS : Je sais que plus tard, quand ils seront partis, je regarderai cette boite pour me souvenir de leurs rires d’enfants.

BIRDIE / Some Dusty : C’est le disque vers lequel je reviens le plus souvent. Il est, pour moi, mon disque parfait. Il est la synthèse de mes obsessions musicales. L’élégance et la douceur de cette voix féminine, la mélancolie des refrains, la douceur des instruments. Ce disque est un rêve. Ou plutôt, allez soyons égoïste, mon rêve musical qui serait devenu réalité.

FELT / Let The Snake Crinkles Their Head To Death : Dans la liste de mes projets que je ne réaliserai jamais, il y a ce film sur l’enfance. Je n’ai pas l’histoire précise je n’ai en tête que la scène d’ouverture : Le printemps. L’après-midi. Un enfant sur un vélo, zigzaguant. Musique de fond, Song for William S. Harvey.

Elvis PRESLEY / The Complete 50’s Masters : Louis Skorecki a écrit que le rock était né en 1954 et mort en 1958. Je ne voyais pas où il voulait en venir jusqu’au jour où j’ai découvert les Sun Sessions d’Elvis Presley. J’ai alors compris où il voulait en venir. Je ne peux que lui donner raison.

IPHONE : Comment je faisais avant ?

IPOD : Xavier de Maistre a écrit Voyage autour de ma chambre, je rêverai d’écrire Voyage avec mon Ipod.

Un appareil PHOTO : Pour enfin, franchir le pas et oser l’argentique.

The SOPRANOS : Ma madeleine de Proust.

Jean-Jacques SCHUHL / Intégrale : Il est à la littérature ce que The Velvet Underground est à la musique. Un monument. Peu de personnes ont lu Rose Poussière mais tous ceux qui l’ont lu se sont lancés dans la littérature.

The VELVET Underground / Peel Slowly and see : Ils sont à la musique ce que Jean-Jacques Schuhl est à la littérature. Un monument. Peu de personnes ont acheté The Velvet Underground & Nico mais tous ceux qui, à l’époque, l’ont écouté ont monté un groupe.

Une CRAVATE : Je ne conçois plus de me rendre sur mon lieu de travail sans porter une cravate.

The BEATLES / Intégrale MONO : Qui n’a pas écouté Rubber Soul en Mono n’a jamais écouté Rubber Soul.

Un badge MONO : Parce que Phil Spector.

Marvin GAYE / Let’s Get It On : Marvin Gaye au somment de son art. Amoureux. En souffrance.

Un tourne-DISQUE : Tourne, tourne et tourne encore.

Louis SKORECKI / D’où viens-tu Dylan ? : J’aime le Louis Skorecki qui parle cinéma mais je préfère le Louis Skorecki qui parle musique et ce petit livre sur Bob Dylan, recueil d’articles sur le bonhomme, est non seulement fascinant mais il est, outre un autre regard sur Dylan, une porte d’entrée vers d’autres musiques.

Jean-Pierre GEORGE / Le Diable et la Licorne : Un livre d’une élégance rare. Un livre culte.

Sharleen SPITERI / Melody : Le plus beau des disques-hommages. Et puis, il y a cette pochette, magnifique, qui résume à elle seule toute la musique que j’aime.

The RONETTES / Presents Veronica : Pour, entre autres mais surtout, le cataclysmique Be My Baby, sommet inatteignable de la pop.

Otto PREMINGER / Le Cardinal : Dans cette fresque humaine, il y a les deux plus beaux, les deux plus admirables, les deux plus douloureux portraits de femmes que j’ai vu au cinéma. Romy Schneider n’a jamais été aussi belle et émouvante. Jamais.


Michel Valente
Mai 2016

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Christophe Corneau

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LES ESSENTIELS DE CHRISTOPHE CORNEAU

De l’enfance, il y a le souvenir de chansons entendues à la maison, Aznavour, Bécaud, Brel, Dassin puis les années collège au cours desquelles je commence à m’intéresser à ce qui passe à la radio mais le réel déclic a lieu en camp d’ados en 1978 en Corse où je sympathise avec un petit parisien qui est venu avec des cassettes de groupes dont j’ignore l’existence. Parmi ces groupes, il y a The Clash. Je rentrais chez moi avec le premier album sous le bras, acheté avec mon argent de poche chez un disquaire à Ajaccio.
Je ne cesserai alors de décortiquer l’actualité musicale à la recherche de nouvelles trouvailles dans la presse de l’époque Rock’n’Folk, Best puis un peu plus tard Les Inrockuptibles dont j’attendais la sortie avec impatience et auxquels je dois une partie de ma discothèque.

Cette passion qui m’anime encore et toujours aujourd’hui m’a permis de faire de belles rencontres et de construire des liens d’amitié durables avec certaines d’entre elles. Rien d’étonnant donc si cette sélection tourne beaucoup autour de la musique.

 1/ Sparklehorse : Vivadixiesubmarinetransmissionplot
J’ai acheté ce disque sur le conseil avisé d’un ami et l’en remercie encore aujourd’hui.
Je me souviens parfaitement de la première écoute. Dès les premières notes de “Homecoming Queen”, j’ai été envoûté par l’univers intime et mélancolique si particulier de Mark Linkous compositeur / bricoleur, multi-instrumentiste de talent, qui livre sur ce premier album pas moins de 16 titres, qui alternent entre ballades magnifiques et morceaux plus rock.
Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître ! Le reste de son œuvre est tout aussi recommandable et m’accompagne régulièrement. J’ai eu la chance de le voir sur scène à Paris en 1996, à l’époque où il était en fauteuil roulant. Un souvenir inoubliable. RIP Mister Linkous.

2/ Charles Mingus
Reconnu comme l’un des plus grands jazzmen du XX siècle, c’est avec ce “Live in Europe” acheté au début des 90’s que j’ai découvert cet immense contrebassiste et compositeur. J’ai depuis amassé une petite trentaine de vinyles et CD.
Je recommande la lecture de son autobiographie ”Moins qu’un chien”, qui permet de mieux connaître et comprendre ce personnage passionnant, écorché vif et engagé.

3/ Le jardin potager
C’est un peu par hasard, s’il y a plusieurs années au sein d’une association de mon village, je me suis retrouvé à cultiver une parcelle de 300m2. Vrai lieu d’échanges intergénérationnels (on apprend souvent des anciens) et de partages.
Le compost, la rotation des cultures, le calendrier lunaire et l’utilisation de la Grelinette n’ont plus de secret pour moi. C’est surtout un vrai plaisir de cuisiner, manger et partager ce que l’on a planté et cultivé de façon raisonnée et bio.
TOUS AU JARDIN POTAGER !!!!

4/ Adidas, modèle Samba
Je suis assez difficile pour me chausser et quand je trouve un modèle qui me plaît, j’y suis fidèle.
Pour les baskets c’est La Samba !

5/ Serge Clerc
J’ai découvert les dessins de Serge Clerc dans Rock’n’folk à la toute fin des 70’s.
Il a beaucoup dessiné autour de la musique dans diverses publications, dont Métal hurlant et le NME. Plusieurs jolies pochettes de disques sont également à noter (Cramps, Comateens, Bijou, Joe Jackson, Fleshtones etc.) que je possède pour la plupart. Cette intégrale dédiée au Rock rassemble l’ensemble de ces travaux. Cet immense dessinateur a également publié nombre de bandes dessinées dont les aventures de Phil Perfect que je conseille.

6/ iPod Classic
Je dois bien l’avouer, nous sommes Apple addict à la maison. Mon iPod Classic ne me quitte jamais. Je l’écoute partout, dans les transports et au bureau. Véritable petite merveille qui me permet de me balader avec une partie de ma discothèque dans la poche.

7/ Objets Vintage
L’oncle de mon épouse, qui est malheureusement parti, était un brocanteur érudit. Il m’a donné le goût des objets anciens, et a éclairé et nourri ma curiosité. J’ai une affection particulière pour ces objets chinés sur les vide-greniers, pour certains avec lui. Ils sont là, posés sur une étagère et me rappellent de beaux souvenirs.
– Un vaisseau spatial de 1973 d’origine tchécoslovaque encore en état de marche avec sa boîte.
– Un briquet de bureau paquebot du milieu des 70’s.
– Ce drôle d’Esquimau en céramique et fil de fer des 60’s, production des potiers d’Accolay.

8/ Jacques Tati : Mon oncle
J’aime tout Tati, depuis ses courts-métrages jusqu’à Parade. L’humour, la poésie, mais aussi la modernité dépeinte et moquée dans mon oncle, en font un chef d’œuvre que je ne me lasse jamais de revoir.

9/ XTC : Skylarking
J’ai acheté pratiquement tout ce que XTC a enregistré, parfois en double avec les rééditions en CD qui contiennent des titres bonus. Pierre angulaire sans l’ombre d’un doute de la discographie du groupe de Swindon, Andy Partridge et Colin Moulding sont sur “Skylarking” au sommet de leur art. Il convient d’y ajouter la merveilleuse face B du single “Grass” tiré de l’album, Dear God.
Voilà bien un groupe que je regrette de ne pas avoir vu sur scène, si ce n’est à la télé dans l’émission Chorus en 1979.

10/ The Clash : London Calling
Comme évoqué plus haut, c’est ce groupe qui m’a donné l’envie de m’intéresser à la musique.
Il y a d’abord cette pochette culte qui fait référence à Elvis Presley où l’on voit Paul Simonon fracasser sa basse avec à l’intérieur ces textes appris par cœur, à force de les lire et relire et les photos du groupe en tournée que j’examinais avec envie et intérêt. Mais c’est surtout musicalement que ce troisième disque est important. Le groupe ouvre sa musique à des univers aussi variés que le reggae, le ska, la pop ou le rockabilly ; le résultat est une réussite totale, d’un bout à l’autre de ce double album.
L’urgence, l’énergie de ces chansons n’ont pas pris une ride. REVOLUTION ROCK !

11/ The Pale Fountains : Pacific Street
Michael Head, compositeur de génie signe avec ce premier album un classique Pop. Comment ne pas tomber sous le charme de ces compositions aux mélodies imparables, arrangées de façon majestueuse et de cette trompette qui virevolte tout du long.
Je dois également aux Pale Fountains de m’avoir fait découvrir Love, lors de leur concert à l’Eldorado en 1985 où ils jouèrent “A House Is Not a Motel” ce soir-là. Je suis depuis, avec toujours autant d’intérêt, les différents projets du bonhomme, Shack, Mick Head & the Strands ou Mick Head & the Red Elastic Band.
Voulant partager à tout prix ce petit bijou, je l’ai offert à plusieurs amis pour leur anniversaire à l’époque.

12/  Pillows and Prayers : Cherry Red (1982-1983)
Véritable petite mine d’or que cette compilation éditée par Cherry Red Records au début des années 80, grâce à laquelle j’ai fait plein de belles découvertes musicales. Five or six, The Monochrome Set, Felt, Eyeless in Gaza, Joe Crow et la galaxie EBTG (Marine Girls – Ben Watt – Tracey Thorn). J’ai dû en faire des allers et retours chez New rose et/ou aux puces de Saint-Ouen pour dénicher leurs disques.

13/ Mes enfants
Selfie au pied de la Giralda à Séville qui trône sur mon bureau.

La composition graphique est de Corentin COR.


Christophe Corneau
Mai 2016

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Y. Monerie

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LES ESSENTIELS DE Y. MONERIE

1. La musique avant tout : une des pochettes qui me font les plus regretter le vinyl et les années 70-80. Purement esthétique.
2. Narcisse et Goldmund : hésiter entre la rigueur et l’appel de la création. Toujours.
3. … et l’appel du dehors. Aussi souvent que possible.
4. Dans la poche, en permanence : un médiator, un Ganesh – le trublion – pour la vigilance.
5. Le travail du bois, comme un contact charnel et l’idée d’un métier qui aurait pu être manuel.
6. Le surf et la beauté sauvage des vagues. Les landes, au moins une fois par an. Le bruit sourd d’un glissando en apesanteur.
7. Drift, The Apartments : l’album que j’ai probablement le plus écouté avec The Fugitive Kind des Swans Way, Baby, The Stars Shine Bright des Everything But the Girl et Pacific Street des Pale Fountains. L’album du retour et de la solitude. Mon album préféré de The Apartments reste All You Wanted – un trajet Montpellier/Genève pour l’acheter en Vinyl (une autre époque !) – mais Drift m’a suivi si longtemps…
8. Le chapeau de mon grand père : une idée de la famille et une pensée pour mon épouse.
9. Les amis, les apéros entre amis et l’essuie-main à l’espagnole qui va avec.
10. Une matrice de police en plomb pour une longue tradition familiale autour de l’imprimerie, la typographie, le journalisme.
11. Mon outil de travail quotidien.
12. Une belle chimère : mi-faire-part de bonne année (l’annonce d’un renouveau), mi-renouveau (l’annonce de quelques bonnes années). Et surtout de belles rencontres.
13. (hors cadre) Photo de mon mariage.


Y. Monerie
Avril 2016

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Loïc Berenguier

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LES ESSENTIELS DE LOÏC BERENGUIER

Amateur de musique sans jamais en avoir pratiqué, ma vie tourne et a beaucoup tourné autour d’elle. Entre albums incontournables et concerts mythiques, impossible de mettre mes essentiels musicaux tant ils sont nombreux.

First of All : au centre, la Famille.

Des Vinyles et des CD : une fois encore pas vraiment d’essentiels tant ma consommation est gargantuesque, une folle envie de découverte mais aussi une fidélité à certains sons : la basse des Cure, les guitares de l’indie pop made in UK des Smiths à Blur, les synthés de Depeche Mode ou de New Order, les voix féminines de Bjork à PJ Harvey en passant par The Sundays, les amis de 49 Swimming Pools ou Autour de Lucie, les mix de DJ Shadow, la brutalité d’un Trent Reznor, les univers de Joy Division ou des Cocteau Twins.

Des places de concerts et des Pass festival : Ma culture musicale c’est beaucoup construite dans les concerts, des découvertes, des confirmations mais aussi quelques déceptions, avec une tendresse particulière aux Black Session de Bernard Lenoir ou au Festival des Inrocks qui m’ont beaucoup « ouvert  les oreilles ».

Un éco cup ASSE, car c’est l’ustensile le plus important en festival et que je suis stéphanois et donc lié pour toujours à mon club de foot de cœur l’ASSE.

Quelques Vedett, ma « pills » préféré, car je suis arrivé il y a plus de 10 ans dans le Nord et que je m’y sens bien, j’en ai adopté les us et coutumes. Une belle région à la situation géographique idéale me concernant car à un jet de pierre de Bruxelles, Londres et Paris mais surtout qui m’a accueilli à bras ouverts.

Un Ipod car mon écoute de la musique a aussi changé… et même si j’ai toujours besoin d’un support le Vinyle ou le CD, encore une fois pour sa pochette mais aussi ses crédits, j’aime avoir du son avec moi.

Mon smartphone, car connecté en permanence, pour la famille, les amis, les infos, pour le boulot, … pour avoir l’impression de ne rien manquer.

Quelques magazines, anciens fanzines, les Inrocks (idéalement version mensuelle), Magic ! , New Comer, car je fais partie de la génération qui lisait, qui écoutait la radio et qui scrutait les notes des pochettes d’albums pour découvrir les filiations, les ramifications… La génération « single club », Rough Trade rue de Charonne, celle de l’avant internet. (J’aurais dû ajouter un NME et un Melody Maker). Magic Mushroom et les Inrockuptibles plus spécifiquement pour les rencontres, l’international indie pop, les passionnés, les moments vécus… Manu, JD, Christophe, Philippe,…

Et des livres : Photos, Street Art, Paysage car j’ai toujours pensé la culture comme un tout. Sensible à l’esthétisme qui véhicule autant d’émotion que la musique, avec un attrait particulier pour la photo noir et blanc et un intérêt pour le graphisme et les logos.

Quelques marottes : les labels 4AD, Sarah Records et Mute pour l’ensemble de leur œuvre, aussi bien sonore que graphique, j’aurai pu y ajouter Factory, Mo Wax, Heavenly records ou Warp, car je suis aussi sensible au visuel, à l’esthétisme d’une pochette qu’à la musique. Oliver Vaughan, Peter Saville ou Futura m’ont autant fait acheter d’album que les grands passeurs comme Bernard Lenoir. Que serait Endtroducing de DJ Shadow, This Mortal Coil, Doolittle des Pixies ou Mouvement de New Order, sans leurs pochettes. C’est quand même, Oliver Vaughan (V23) qui m’a le plus marqué par son univers global autour de 4AD faisant de ce label, un objet de quasi culte me concernant.

Pour terminer : Mes polos Fred Perry et des Skate Shoes, parce que chacun a son uniforme, et c’est celui dans lequel je me sens bien. Une brosse à barbe, parce que je suis barbu.


Loïc Berenguier
Avril 2016

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François Remoué

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LES ESSENTIELS DE FRANÇOIS REMOUÉ

Je ne suis pas du tout matérialiste, mais je suis attaché aux objets essentiels pour reprendre la proposition. L’objet essentiel a une essence, un parfum, un nom, une fonction et un lien subjectif avec mon environnement humain ou social, c’est le prolongement de moi-même, un capteur ou un diffuseur de vie, de désir ou de bien-être. L’essence de l’objet ce sont les sens qu’ils procurent.

L’ouïe
Les disques, objet sacré par essence. J’ai choisi, parmi des milliers de disques tous formats confondus, Pacific Street des Pale Fountains. Je l’écoute de manière quasi religieuse avec tout un cérémonial qui m’est très personnel. Ne jamais se lasser, toujours découvrir les subtilités et la variété de l’orchestration, être toujours à l’écoute, c’est un plaisir toujours renouvelé. L’ouïe et la vue pour les disques et leurs pochettes, c’est une alliance magique quand les sens se mélangent, c’est pour cela que j’aime les vinyles. Hommage aux disques et aux disquaires disparus ou toujours vivants, que j’ai fréquentés assidument (Fuzz, California Music, Tacoma, Rennes Musique, New Rose, Danceteria, Rough trade, Sister Ray…) Et comme la musique ça s’écoute, je suis très sensible à la (haute) fidélité de la restitution, la plus objective possible. Amplificateur à lampes et platine vinyle au design parfait au son chaud et ample sont de objets essentiels de sublimation de la musique. Un bel objet est un objet qui diffuse du beau.

La vue
Je suis un contemplatif, j’aime les paysages naturels, j’aime promener mes yeux à travers des voyages réels ou imaginaires. J’aime les voyages et ai une passion née de l’enfance pour la géographie des lieux et les cartes routières (la carte et le territoire).
J’aime beaucoup la ville et les villes (la forme d’une ville et ses plans) celles qui ont de la personnalité, souvent ce sont des villes portuaires : Liverpool, Glasgow, Dakar, New-York, Kobé, Valparaiso et Nantes (ce Lieu unique) ma ville natale pour laquelle j’ai un mélange d’attachement absolu et de détestation parfois… J’ai l’âme voyageuse.

J’aime aussi quand la nature et la ville sont sublimées, dans le Road Movie par exemple, par la vue et la vision grand large au cinéma, une autre grande passion : La Ballade Sauvage, Jérémiah Johnson, Mean Streets, Blow up, Cheyenn Autumn, Tabou, Dead man, Last Days sont autant de témoignages de cette passion. Quand la vue et l’ouïe (la bande son) se mêlent au cinéma, c’est le nirvana. Comme la musique, le cinéma a besoin d’un espace privilégié pour le vivre : Nostalgie des Cinémas Action ou de ce qu’il en reste, et des cinémas de ma jeunesse qui ont fermé : Olympia, Apollo, Le Racine…

L’odorat
J’aime les livres et leur odeur en particulier la poésie (ici, Cavafy- Poèmes anciens et retrouvés-), l’art de l’évocation. J’aime l’objet en « odorama », l’ode à l’odeur qu’il dégage directement ou par évocation. Le nez est quand même un organe très proche proche du cerveau.

Le toucher
J’aime les vêtements, ceux qui vous donnent une touche personnelle, une idée première de ce que vous êtes et une manière de se sentir bien. Je garde très longtemps mes vêtements surtout les chaussures et mes boots qui traversent souvent les décennies. J’aime aussi les associations de couleurs, les chaussettes colorées que l’on ne voit pas ou peu, j’aime l’idée de se sentir coloré de l’intérieur…. L’association des couleurs, c’est vraiment la touche élégante de l’homme (la cravate, objet essentiel pour un homme…).

J’aime aussi le toucher sans les vêtements…masser et être massé ; là, plus besoin d’objets, juste la conscience de soi et de l’autre mais aussi caresser un autre être vivant, un animal, un chat ou un cheval par exemple.. J’aime aussi toucher des « objets naturels » (j’aime cet oxymore !), les arbres, sentir un fruit dans sa main, la terre, du sable ou de l’eau.

Le goût
J’adore manger, les saveurs, je suis très gourmand, j’aime l’eau pure, les fruits (la banane) et les jus de fruits élaborés, toujours dans les jus de fruit, les bons vins (le bon grain de l’ivresse !), le Champagne (le bouchon), l’ivresse pétillante et joyeuse. J’aime aussi le verbe « se restaurer «, les nourritures terrestres qui alimentent les nourritures spirituelles. Qui forment et déforment les corps et les esprits…

Plus d’informations sur François Remoué
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Matthieu Dufour

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LES ESSENTIELS DE MATTHIEU DUFOUR

Mon mini-bureau Muji où une grande partie de tout se passe. J’adore leur esthétique zen, minimalisme et pragmatique. Comme beaucoup de choses du Japon d’ailleurs.

Quelques unes de mes obsessions littéraires et poétiques.
Fitzgerald, Duras, Reverdy, une édition originale de Rivage des Syrtes de Gracq qui me vient de mon père. Je suis rarement emporté par les auteurs du moments alors je me réfugie dans la poésie ou mes classiques personnels que je peux relire sans fin. Je conseille d’ailleurs à tous ceux qui ne le connaissent pas de lire La littérature à l’estomac de Gracq où ils trouveront des lignes savoureuses sur le milieu et les prix littéraires qui sont d’une actualité féroce. Parmi ceux que je lis aujourd’hui, Franck Magloire, l’un des meilleurs stylistes qui soit en ce moment en France, un auteur qui n’hésite pas à se confronter aux zones d’ombre de notre société mais qui n’a malheureusement plus d’éditeur. Il est notamment l’auteur du formidable Ouvrière.

Quelques unes de mes obsessions musicales en version vintage.
Daho par Pierre & Gilles, ce vinyle est une véritable madeleine de Proust comme ces K7 de New Order, Morrissey ou Marc Seberg. Je navigue aujourd’hui entre les merveilles de cette époque fondatrice et la formidable vitalité de la scène actuelle, notamment en France. Si j’ai grandi avec la pop anglaise, j’ai toujours eu un fort penchant pour la langue française en musique.

C’est ce que j’essaye de faire vivre aujourd’hui avec mon blog Pop, Cultures & Cie.
Né sur un coup de tête, sans ligne éditoriale ni plan, il m’est devenu essentiel. Il me permet d’assouvir un goût ancien pour l’écriture et cette passion pour la musique sous toutes ces formes. Paradoxalement, cette entreprise très égoïste s’est révélée être une formidable aventure humaine parsemée de superbes rencontres et d’échanges passionnants. De personnes devenues essentielles pour moi. Ce billet sur ton blog en est la preuve. Aller voir des concerts deux ou trois fois par semaine, prendre des centaines de photos floues, enregistrer des Mega Octets de pirates saturés, faire des interviews, découvrir une magnifique chanson dans un lien envoyé par un artiste inconnu : ce blog a changé mon quotidien.

Jamais sans mon Mac. Bien qu’attaché à la tradition physique des objets livre et disque, je suis aujourd’hui totalement accro à mon environnement digital et connecté : Mac, hub USB, iPhone, disque dur de 4 To (pour stocker les photos floues et les pirates saturés, entre autres, je suis un parano obsédé par la perte de ces données digitales, j’ai plusieurs disques de sauvegarde chez moi, je n’ose pas dire combien), lecteur multicarte, micro USB pour enregistrer des chroniques pour l’émission de Greg Bod sur Radio U, Le cabinet des curiosités. Une heure sans wi-fi et je passe en hyperventilation.

Essentiel aussi le casque pour ne pas effrayer mon fils lorsque j’écoute des choses un peu radicales ou m’attirer les foudres du voisinage lorsque je chronique un peu tard dans la nuit.

Manquent sur cette photo une tasse de thé vert japonais qui est en train d’infuser dans la cuisine, ma chemise en chambray fétiche qui est dans la machine et mon appareil hybride Fuji X-T10 avec lequel je prends cette photo et qui ne me quitte plus.


Matthieu Dufour
Janvier 2016

Plus d’informations sur Matthieu Dufour :
Pop, Cultures et Cie
www.facebook.com/dufour.matthieu

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