les essentiels de thomas jean henri, une fois par jour, juste le temps d’une semaine (1)



Un après-midi de mars en l’an 2000, le groupe belge Venus est à L’Olympic de Nantes. Muni d’un enregistreur et d’une bienveillante curiosité, je suis sur les rangs pour un entretien avant le concert du soir. Je ne sais plus trop pourquoi mais il se décide, dans le hall d’entrée et la confusion, que c’est le batteur qui me parlera. Le batteur : pas exactement la configuration prévue ni le rêve de tout aspirant journaliste. Mais à la clé, une véritable rencontre : Thomas Van Cottom (c’est son nom) est affable et passionné, parle de l’influence de Francis Bacon sur son jeu, brasse les idées et les envies. En boite, un entretien rare et un joli souvenir. Je recroiserai brièvement Thomas à l’automne suivant, à la faveur d’un autre concert nantais de Venus. Mais plus jamais ensuite, tandis que le groupe change puis disparaît.
Près de quinze ans après, une bonne âme attire mon attention sur Cabane, ses chansons et arrangements sublimes, ses chanteurs et musiciens merveilleux (Sean O’Hagan, Kate Stables, Will Oldham, tout de même). Après la diffusion d’une chanson de Cabane dans Label Pop, le chef d’orchestre m’écrit pour me remercier. Thomas Jean Henri. Mais l’adresse e-mail indique un autre nom, celui-là même croisé en mars 2000.
Tout aussi imprévue que la première, cette nouvelle rencontre est aussi belle. C’est la découverte d’un projet qui échappe aux définitions et aux contraintes du monde. Essentiel. Je n’ai pas revu Thomas depuis 15 ans mais je l’ai reconnu dans sa cabane. Et il est somme toute rare et précieux de rencontrer deux fois quelqu’un pour la première fois.
— Vincent Théval

 

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et si, nos essentiels se trouvaient là.
juste là,
à l’aube de la première rencontre,
de cette idée,
de cet instant fragile,
de ce moment intensément précis,
où l’on a ouvert les yeux sur l’autre.

quel mot,
silence,
hésitation,
maladresse,
blague pourrie,
yeux baissés ou regards affrontés,
ont créé l’émoi,
la naissance d’un sentiment amoureux

avons nous consciemment choisi entre l’intense passion
et l’amitié profonde ?

qu’est ce qui nous a si intimement troublés
dans cet instant tangible et flottant ?

qu’est ce qui nous a vraiment appartenu ?

et puis,
puis, avec le recul des jours passés,

qu’avons nous gardé en mémoire de nos premières rencontres?

quels souvenirs avons-nous retenus pour construire notre propre histoire ?

et puis enfin,
peut-être répondre à celle qui.

celle qui si souvent
me demanda de lui écrire quelques mots,
quelques mots choisis sur notre première rencontre.

ce que,
par la force des choses,
je ne fis jamais.

 


en ce mois de novembre deux-mille seize,
j’ai proposé à quatre personnes qui écrivent.
de m’envoyer quelques mots,
quelques mots choisis sur l’idée de la première rencontre

thomas jean henri
novembre 2016

 


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