David Fakenahm

My essentials for Stereographics by David Fakenahm
11 ans que nous n’avions pas beaucoup de nouvelles de David Fakenahm depuis son dernier album. Bon, vous peut-être, mais moi je vous assure, j’ai eu des nouvelles régulièrement et je peux vous dire qu’il n’a pas chômé, même si la musique – en tous cas le geste d’en faire soi-même – était quelque peu en sourdine ces dernières années. Mais je sais que l’homme n’a cessé d’y songer et qu’il fallait juste trouver la bonne fenêtre de tir pour terminer ce qui était commencé. Car dès que c’était possible, David a toujours pris les baguettes, branché le micro, pour œuvrer en silence à la suite.
J’ai aussi eu la joie de participer à quelques unes de ses rares apparitions « discographiques » depuis 2012, notamment à l’occasion de deux reprises que nous avons travaillées ensemble : la première du groupe Sugar, la seconde du groupe R.E.M. (tiens, deux groupes américains ?) Ces deux collaborations m’ont permis de voir David au travail et d’avoir la confirmation de plusieurs qualités que j’admire chez lui : le sens du détail et de la précision, la diversité de ses compétences techniques (la batterie, la guitare, le clavier, les voix, le travail des harmonies), rigueur qu’il tient peut-être de son enfance, lui qui a baigné dans la musique avec un papa grand ingénieur du son français.
Je me souviens aussi de David qui vient officier pour quelques voix sur un de mes disques solo. Là encore, même sens de la rigueur et du souci du détail, il m’avait impressionné par sa capacité à se placer dans la musique des autres si aisément. D’autres souvenirs viennent en écrivant ses lignes mais du plus loin que je me souvienne, on se croisait déjà au rayon disques de la Fnac Orléans à l’aube des années 90, son ami Antoine y était d’ailleurs le vendeur le plus sympa, en plus d’être le guitariste de son groupe de l’époque, In Limbo.
Mais arrêtons là les souvenirs de vieux, la bonne nouvelle c’est que David est de retour avec un nouveau disque, qu’il est sacrément réussi, et que la machine a l’air d’être remise en route pour de bon !
Matthieu Malon

LES ESSENTIELS DE DAVID FAKENAHM

Dans le désordre complet, quelques essentiels…

The Cult, Sonic Temple
Le premier disque que j’achète. J’ai 15 ans, et j’en prends pour perpet’. Chaque centime d’argent de poche va passer dans l’achat de ces objets. C’est une époque où tout nouvel album écouté ouvre une nouvelle porte, qui va donner sur encore une autre porte. Les cassettes enregistrées chez d’autres viennent compléter la petite collection personnelle. Et on construit ainsi un parcours musical qui étoffe la mémoire, qui décore la vie. Attention, j’enchaine les platitudes… Au-delà du symbole c’est un album que je prends toujours plaisir à écouter, une sorte de retour à la base nécessaire régulièrement.

Medicine, Drugs
… et la boucle est bouclée puisque c’est le dernier album que j’ai acheté. Symbole d’une époque, c’est un album uniquement disponible en vinyle. Je ne suis pas un fan inconditionnel du vinyle. Je n’en achète que si l’artiste n’a pas prévu de version CD. En revanche je suis un fan inconditionnel de l’exemplaire physique. Même si j’écoute beaucoup de musique depuis mon téléphone, impossible de me passer de l’objet. Medicine est un groupe américain que j’adore depuis le début des 90s, une espèce de My Bloody Valentine américain, très bruitiste, qui noie ses mélodies psychédéliques et paradoxalement très douces sous une épaisse couche de distorsions.

David Crosby, Croz
Quand je parlais des portes qui s’enchainent… J’ai été élevé au son de la musique anglo-américaine des 60s aux 80s. En 1990 quand j’achète Nowhere de Ride, on parle des Byrds. Puis sur Vs Helmet Sebadoh reprend « Everybody’s Been Burned… » des Byrds. Je fais alors un bond en arrière et plonge dans les albums du groupe et ceux de leurs frères, cousins, neveux, de Jefferson Airplane à Love, des Doors à Buffalo Springfield pour ne citer qu’eux. Croz est un excellent album qui marque le retour en forme d’un artiste au parcours chaotique. A sa sortie je l’ai écouté avec une frénésie que je n’avais pas connue depuis longtemps. J’étais séduit par les mélodies, la production, et exceptionnellement les textes (si une mélodie est belle je peux adorer une chanson au texte insignifiant voire idiot… la pop quoi!). J’étais aussi très marqué par le fait que cet album faisait suite à des années de disette (du moins sous son nom, car le groupe CPR constituait déjà un préambule à ce retour en forme). Je suis personnellement inquiet quant à l’idée qu’un jour je ne trouverai plus de mélodie, d’idée d’accompagnement, d’inspiration en général. Et là, Crosby montrait qu’à son âge déjà avancé, il pouvait encore faire un aussi bel album. Rassurant et inspirant.

Des baguettes, un micro, des médiators
Des accessoires qui illustrent mon cheminement musical. A 7 ans je voulais jouer de la batterie. Je voulais jouer les breaks de batterie de Phil Collins sur « In the Air Tonight ». C’est à l’adolescence que cette envie s’est vraiment concrétisée. Dès mon premier groupe j’ai commencé à faire quelques voix. Et puis au moment de monter mon groupe suivant, n’arrivant pas à trouver de chanteur, je m’y suis mis. Pas complètement par vocation, mais pas non plus complètement à reculons. En chantant j’ai commencé à participer à la composition, et donc à sentir le besoin de jouer d’autres instruments. Même si j’ai fait certains enregistrements seul du début à la fin, je prends aussi plaisir à me faire accompagner par Pierre, Matthieu, Lucas, Nine, Marie, Joao, Stéphane. Et j’adore faire des apparitions sur les disques des autres. Mais ça fait un moment que ça n’est pas arrivé, soit dit en passant!

Spirou et Fantasio, La Mauvaise Tête
Un volume au hasard, mais le hasard fait bien les choses. Je ne suis pas un grand connaisseur de bande dessinée. Mais je ne pourrais pas me passer de certaines séries, certains personnages devenus familiers dont Spirou et Fantasio font partie. J’adore leur univers kitsch, désuètement moderne.

Les Vacances de M. Hulot
C’est un film que j’ai vu pour la première fois à l’adolescence et qui m’a fait un peu le même effet que Loveless de My Bloody Valentine, ou …Well? de Swell. J’avais le sentiment de ne pas être sur de bien tout comprendre à cet ovni, mais j’adorais le mélange de fantaisie, de nostalgie, et de poésie. Comme certains disques, j’y retourne souvent.

Une casquette
J’ai un point commun avec Michael Stipe : la coupe de cheveu ! La casquette est un accessoire devenu indispensable donc. Cette casquette en particulier me permet aussi d’exposer ma passion pour le football américain. Un sport qui pourrait se résumer à sa violence apparente, qui incarne tous les excès qui auraient pu ou du me repousser, mais dont j’adore la dimension stratégique, comme un match d’échecs joué grandeur nature par des mecs surentrainés.

Les coureurs en plastique
Autre sport qui me passionne, le cyclisme. Le Tour de France est un moment incontournable de tous mes étés depuis que j’ai… 5 ans? Et gamin j’adorais jouer aux petits coureurs avec des billes ou avec des dés selon les saisons. Que ce soit avec des coureurs en plastique, avec une guitare ou des disques, j’aime jouer. « I’m just a boy with silver hair ».

David Fakenahm
Juin 2023


Plus d’informations sur David Fakenahm
davidfakenahm.bandcamp

“Family Tree”, le nouvel abum de David Fakenahm est disponible ici

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