Valérie Bisson

My essentials for Stereographics by Valérie Bisson
« On s’était donné rendez-vous un matin de printemps pour prendre un café. C’était la fin du XXème siècle et sans doute avons-nous parlé de Björk, d’Hildegarde von Bingen, des frères Bogdanoff et de leur Twilight Zone. Valérie en avait transformé sa soutenance de maîtrise en acte manqué alors que, de mon côté, j’avançais à reculons vers un diplôme que je n’aurai jamais.
Cette fois-ci, comme les fois suivantes, nous avions bien ri ; nous nous moquions de nous-même, de notre propension à être hors-sujet, de notre incapacité à investir notre vie avec sérieux.
Sœur Bibi – c’est ainsi que je l’appelle parfois – est une Sister of the Valley « à large spectre ». J’entends par « soeur » une personne qui peut établir de nombreux points communs avec autrui et « large spectre » signifie que sa curiosité lui ouvre sans cesse de vastes espaces d’exploration et d’action. Elle est capable de vous emboîter le pas, même dans vos divagations les plus fumeuses.»
— Marie Caillou, Illustratrice

LES ESSENTIELS DE VALÉRIE BISSON

Pour arriver à l’essentiel, j’ai dû beaucoup me déplacer. Partir, revenir. Constituer un kit de survie très personnel. J’ai appris à voyager léger et à emporter avec moi quelques objets dont je ne me défais jamais. Peu à peu, je suis devenue très organisée, perfectionnant mon agencement entre sécurité, esthétique et confort. Tout un programme, toujours en quête d’amélioration.
Pendant ce temps-là, les souvenirs restent à la maison, il y en a trop, ils prennent beaucoup de place et savent très bien vivre sans moi. J’y reviens toujours. A mon retour, ils n’ont pas bougé.

Essentiels en deux temps, trois mouvements :

* Couteau suisse avec sa housse en cuir vintage, un objet transmis par ma mère en même temps que sa nationalité helvète.

* Lampe frontale petite et légère. Panne d’électricité, lecture et orientation nocturnes, éclaircissement d’endroits inconfortables ; Je la prends toujours avec moi.

* Un carnet et un stylo plume exclusif. Rien à ajouter.

* De la technologie adaptative pour technophobe ; smartphone, adaptateurs et écouteurs high tech, tout cela offert par mon amoureux, tout presque sans fil. Je serais bien démunie sans eux.

* Du fil mouliné DMC Rouge du Rhin no 321. On fait beaucoup de choses avec du fil.

* Mes fils.

* Mon tote bag Poetry is resistance : contenant, manifeste et hommage à la première professionnelle qui a encouragé mon écriture.

* Mini Poupée offerte par une amie alors que je venais de finir la lecture du conte russe Vassilissa. Toujours dans mon sac à main de fille.

* Une paire de sandales, ça va avec une robe et un maillot de bain, ma simple définition du bonheur.

* La collection de disques vinyles de mon père. Il y en a pour tous les goûts. Il m’a légué de concert la musique et la tendance à l’accumulation.

* Les mots, les images, la musique :
– La Dolce Vita, les premiers concerts, la plage de Lutry et la cinémathèque, Le travail à la rue de Bourg, le vin d’Epesses et le musée de l’Elysée. Le bleu Léman, les sommets des Alpes et le buffet de la gare de Lausanne.
– Mes amis, absents et implicites, ils se sont glissés dans le décor, entre les pages des livres offerts, oubliés ou empruntés, dans les notes des albums écoutés ou évoqués, dans les images construites et déconstruites ensemble. Ils vivent très bien sans moi et me tiennent chaud. S’ils passent par-là, ils sauront se reconnaitre.
– L’oiseau de l’incontournable et indispensable illustratrice Marie Caillou, pour le printemps, le chant, Fela Kuti et tout ce qui nous relie. Amen.

Valérie Bisson, journaliste culturelle et autrice
Juin 2023


Plus d’informations sur Valérie Bisson
instagram.com/lemotetlegeste

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